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À quand le prochain déluge?

Je me souviendrai toujours de cette semaine infernale au Centre météorologique du Québec. Il y a 25 ans. C’était mon premier quart de travail au pupitre de temps violent et le ciel me tombait sur la tête. J’étais responsable des alertes de pluie et il en pleuvait des tonnes !  

Le système météorologique couvrant le Québec avait la puissance d’un ouragan. Nous étions dépassés. Les stations météo automatiques au Saguenay et à Charlevoix rapportaient des quantités incroyables. C’était du jamais-vu. Nos records, nos périodes de retour, nos repères. Toute la climatologie qui nous guidait a été balayée par 275 mm de pluie tombés en quatre jours. L’équivalent des chutes du Niagara pendant deux mois. Ou trois mois de pluie à Montréal.

Les normales ont disparu 

Une telle quantité de précipitation est rare. C’est un événement qui se produit une fois tous les 1000 ans, dites-vous. 100 ans. 30 ans... En fait, on ne le sait plus et c’est ça qui est inquiétant. Un nouveau déluge comme en 1996 n’est pas impossible cet été. Où se produira-t-il cette fois ? En Outaouais ? En Estrie ? En Gaspésie ? Toutes les régions du Québec sont sur le radar. C’est tout le Québec en entier qui paye le prix des changements climatiques. Les normales ont disparu.

Après le mois de juin le plus chaud jamais observé en Amérique du Nord, selon NOAA, l’été nous réserve encore des surprises. Déjà, le Québec a connu huit tornades, dont une EF-2 qui a été mortelle pour un homme de Mascouche. Or, la moyenne de tornades par an est de 6.     

  • Écoutez l'entrevue avec Michel Barrette, humoriste, acteur et animateur avec Varda Étienne et Caroline St-Hilaire sur QUB radio:   

Le temps de débattre sur le changement climatique est fini. Les Québécois ont vu la pluie tomber et savent que le temps presse. L’Assemblée nationale a reconnu unanimement l’urgence climatique le 25 septembre 2019. Il est trop tard pour être pessimiste.

L’importance de se préparer 

La lutte contre le changement climatique est la prochaine bataille de nos vies. Il faut chercher à s’adapter, à atténuer, à se préparer. Et laisser dans le sol les énergies fossiles.

Après 40 ans de météo, jamais je n’aurais cru voir de mon vivant le mercure atteindre 50 °C au Canada comme on a vu cet été en Colombie-Britannique. Jamais, non plus, je n’aurais cru voir de mon vivant le Canadien faire les séries de la Coupe Stanley. Mais ça, c’est une autre histoire.

Ce qui compte, c’est de se préparer au prochain déluge du Saguenay, au prochain grand verglas, ou encore, à la prochaine tornade de Mascouche. Car comme le rappelle le plus sage des dictons météo, mieux vaut prévenir que guérir.

opinions - lettre ouverte - Gilles Brien
Météorologue
Laval

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Gilles Brien
Météorologue
Laval

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