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Périlleuse expédition entre Tadoussac et Kégaska

Deux hommes qui effectuent une longue expédition dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent à bord d’une petite embarcation ont vécu toute frousse vendredi dernier.  

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Surpris par de forts vents, ils ont été secourus par l’équipage d’un remorqueur au large de Port-Cartier.  

Justin Roy, un ébéniste de Sherbrooke a construit sa propre embarcation, Le Morse, afin de relier Tadoussac à Kegaska, un village de la Basse-Côte-Nord. 

Il l’a conçue l’image des bateaux utilisés traditionnellement en Europe pour pratiquer la voile-aviron. 

Ses moyens de propulsion pour parcourir les 850 kilomètres de ce périple sont des rames et une voile, lorsque les vents sont favorables. 

Justin Roy était accompagné de son frère au début de son périple. Un ami, Alexandre St-Louis, a pris la relève pour la deuxième partie. 

Rencontrés par TVA Nouvelles à leur arrivée à la marina de Sept-Îles, ils venaient de se remettre d’une mésaventure qui leur a fait vivre toute une gamme d’émotions. 

Vendredi alors qu’ils se trouvaient au large de Port-Cartier, ils ont dévié de leur route par de forts vents. Voyant qu’ils s’éloignaient de la côte, ils ont dû lancer un appel de détresse. 

«On a été déporté au large plus loin que ce qu’on était capable de rattraper. On fait un appel de détresse, on a été secouru par Groupe Océan. Merci beaucoup Groupe Océan, merci mille fois», mentionne Justin Roy. 

Une combinaison de facteurs comme la météo changeante et un moment d’inattention a contribué à leur mésaventure. 

Cette expédition est loin d’être improvisée. Justin Roy s’y prépare depuis 2 ans. Il est continuellement vêtu d’une combinaison étanche, son embarcation est insubmersible. Mais l’opération de sauvetage de vendredi est une sorte d’avertissement.  

«On était déjà très sérieux. On va l’être encore plus. C’est un beau "warning". La mer, ça a déjà mangé du monde et est capable d’en manger encore. Il ne faut pas niaiser avec ça. Équipez-vous, informez-vous, faites votre plan de navigation, surveillez votre météo. Ayez vos appareils pour vous localiser et communiquer avec les secours, le cas échéant», explique l'expéditeur 

Plus il se dirige vers l’est, plus les conditions de navigations sont difficiles. 

«On voit ça changer depuis l’estuaire. C‘est de plus en plus difficile. C’est très l’fun. Mais là, on est plus rodé. Là, ce qui s’en vient, c’est de grandes sections de plages. On peut entrer au bord assez facilement. Ce n’est pas des caps de roches sans abris. Les plages, c’est plus accueillant», raconte Justin Roy.

Justin Roy et son coéquipier prévoient arriver à Kegaska au début août, soit un mois après le départ de Tadoussac. Pour le reste de l’expédition, ils seront accompagnés de deux kayakistes. Au-delà de l’opération de sauvetage, ils garderont en souvenir des moments forts de leur expédition : des rencontres avec des mammifères marins et la découverte de paysages de la Côte-Nord rarement vus par les touristes, parce qu’inaccessible par voie terrestre.