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Déluge du Saguenay: Québec a encore des leçons à tirer

Les gouvernements devraient démontrer davantage les leçons qu’ils ont tirées du déluge du Saguenay, un quart de siècle après l’une des plus importantes catastrophes naturelles que le Québec ait connu, ont confié des élus municipaux de l’époque, mardi à TVA Nouvelles.

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«Le politique est présent quand le drame se produit, mais c'est après que ça se gâte», a soulevé l’ex-ministre Françoise Gauthier, pour qui les inondations de 2019 à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, sur la couronne nord de Montréal, prouvent que la province avait encore beaucoup à apprendre quant aux dommages par l’eau et aux zones inondables.

«Je pense que ça n'a pas changé beaucoup. Dans les programmes, c'est difficile de s'y retrouver et il y a des gens pour qui c'est très long avant d'être indemnisés», a ajouté Mme Gauthier, mairesse de Laterrière à l'époque du déluge.

Sa municipalité célébrait son 150e anniversaire en 1996, mais les célébrations ont rapidement été assombries par les pluies diluviennes qui s'abattaient sur la région. «Je me souviens d’être arrivée à l'hôtel de ville et voir mon collègue sortir ses cartes de zones inondables. J'arrivais du portage et je lui ai qu'on n'avait pas besoin de ses cartes, que l'on devait évacuer tous les résidents du secteur rapidement, a confié Mme Gauthier.

Elle se rappelle aussi avoir demandé au premier ministre, Lucien Bouchard, de déléguer une personne à Laterrière pour évaluer les besoins des sinistrés. «Les décrets se confrontaient. Il y en avait un qui interdisait la rénovation et l'autre le permettait», a précisé l’ex-mairesse à TVA Nouvelles.

«J'ai l'impression qu'on avait tiré des leçons, mais qu'on ne les a pas retenues», a mentionné pour sa part l'ancien maire de Ferland-et-Boilleau, Léon Simard. «Entre autres pour continuer à se construire dans des zones inondables. On peut avoir des pluies qui durent et qui durent et qui font déborder les rivières», a ajouté M. Simard.

Au moment du déluge, le secteur de La Baie a reçu le coup d'eau en provenance du lac Ha! Ha! situé 32 kilomètres plus haut, à Ferland-et-Boilleau. Environ 2500 personnes ont été forcées de quitter leur résidence en catastrophe et plus de 250 maisons ont été complètement détruites.

Quand la digue s'est rompue, un total de 26 millions de mètres cubes d'eau s’est déversé en quelques heures sur le village et dans la rivière des Ha! Ha!

L'ancien maire de La Baie, Claude Richard, se souvient de son travail sur la ligne de front. «Je n'aurais pas voulu le faire, ce n'était pas souhaité, mais je l'ai fait et je suis fier de ça. L'entraide entre les personnes, le dévouement et la résilience des gens, ça m'a marqué», a-t-il affirmé.

«Ceux qu'on a évacués n'avaient plus de maisons et certains, n'avaient même plus de terrain. Aujourd'hui, c'est beau la reconstruction et je suis satisfait, mais ça ne répare pas les plaies des traumatismes ni celles des parents des deux enfants qui sont décédés. Ça, j'y pense souvent», s'est remémoré l’ancien maire.

«Tu ne te demandes même pas quoi faire, tu agis», a indiqué l'ancien maire de Ferland-et-Boilleau, Léon Simard.

«Un moment donné, je me souviens qu'un groupe de fonctionnaires est débarqué et m'a demandé ce que je pensais de ça de fermer le village. Je leur avais répondu qu'ils allaient devoir me passer sur le corps avant.»

Ce n'est que cinq semaines après les inondations que les citoyens de Ferland-et-Boilleau ont pu retourner chez eux et constater les dommages.