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Les sénateurs républicains bloquent, à ce stade, l'accord sur les infrastructures

Le Sénat des Etats-Unis a refusé mercredi d'entamer à ce stade l'examen d'un plan d'investissement dans les infrastructures de 1 200 milliards de dollars qui, malgré un accord de principe d'élus des deux partis, n'est pas finalisé.

Les élus républicains, qui disposent d'une minorité de blocage, se sont opposés à l'ouverture des débats parlementaires lors du premier test pour ce gigantesque plan, très cher à Joe Biden.

Il y a près d'un mois, le président démocrate avait annoncé s'être entendu avec des élus des deux partis pour investir cette somme considérable sur huit ans, dans les routes, les aéroports, les réseaux d'eaux ou l'internet à haut débit.

Les détails restaient toutefois en suspens et les négociations se sont poursuivies ces quatre dernières semaines. Bien qu'elles ne soient pas conclues, le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer avait souhaité entamer le travail parlementaire.

Mais les républicains ont jugé la démarche précipitée. «On a besoin de plus de temps», a expliqué à l'AFP le sénateur Todd Young.

Les discussions buttent sur les moyens de financer ces dépenses, les républicains ayant rejeté un dispositif qui aurait renforcé la lutte contre l'évasion fiscale.

Même si le vote a échoué, le texte devrait survivre. Les 22 négociateurs des deux partis ont assuré dans un communiqué avoir «réalisé des progrès importants et être prêts d'un accord».

L'un d'eux, le républicain modéré Mitt Romney a même évoqué la date de lundi prochain pour la conclusion de leurs travaux.

Au delà des infrastructures «classiques», le président Joe Biden souhaite des investissements massifs dans les énergies vertes, la santé ou l'éducation.

En raison de l'opposition des républicains à de nouvelles dépenses dans ces secteurs, les démocrates sont prêts à avancer seuls sur un plan parallèle, évalué pour l'instant à 3.500 milliards de dollars.

Pour ce faire, ils comptent utiliser une procédure spécifique aux projets de loi budgétaires, qui permet de rabaisser à 50 sur 100 le nombre de voix nécessaires pour adopter un texte au Sénat (contre 60 sinon).

Ils ne pourront toutefois pas se permettre une seule défection, ce qui reste incertain compte-tenu des différentes sensibilités présentes dans leurs rangs. «On n'a pas beaucoup de leviers», a reconnu le sénateur Bernie Saunders, figure de la gauche américaine.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas faire ces investissements», a pourtant souligné vendredi Joe Biden lors d'un déplacement au Congrès. 

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