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Plus de jeunes dépendants aux jeux en ligne

Depuis le début de la pandémie, de plus en plus de jeunes souffrent de dépendance aux jeux en ligne. Selon l’Institut national de la santé publique (INSPQ), 63 % des femmes ont augmenté leur temps passé sur internet, contre 69 % pour les hommes.

Le premier confinement lié à la COVID-19, en mars 2020, est un facteur. 

Énormément de joueurs de jeux de hasard et d’argent auraient alors migré vers les jeux en ligne.

Les 18 à 24 ans sont les plus préoccupants selon les données de l’INSPQ. En juillet, une hausse de 12 % a été notée en lien avec les habitudes de jeux de hasard et d’argent en ligne. Parmi ce groupe, 21 % des gens avouent jouer au moins une fois par jour. C’est également 32 % qui estiment avoir trop joué ou trop dépensé durant l’année.

Du côté des adolescents, la tendance est la même. La Relance Nicolet-Bécancour, qui se spécialise dans la prévention de dépendances, observe une augmentation de 52 % des demandes de suivi faites par les jeunes.

La directrice générale, Annie Gauthier, croit que cette hausse a un certain lien avec l’école en mode virtuel, qui a forcé beaucoup d’étudiants à se placer devant leurs écrans plus régulièrement.

«Souvent, les jeunes qui vont jouer ont une souffrance à l’intérieur. L’anxiété a augmenté de beaucoup en temps de pandémie, donc ces jeunes-là, qui souffrent, qui se mettent des jeux vidéo, au lieu de jouer une heure ou deux, jouent pendant sept, huit heures de temps», a expliqué le psychologue Paul Langevin.

Il n’est pas rare qu’une dépendance en amène une autre. Selon M. Langevin, des problèmes de consommation peuvent survenir, entraînant des conflits à la maison, avec les amis et même avoir un impact sur les résultats scolaires.

Les jeunes ne sont pas plus à l’abri avec les jeux vidéo en ligne gratuits. «Le jeu est gratuit, mais pour progresser dans le jeu, il faut faire des microtransactions. On peut acheter de nouvelles armes, de nouveaux costumes [...]», a mentionné l’éducatrice en prévention des dépendances, Dany-Ann Boucher.

Ainsi, les jeunes dépenseront de l’argent, et pourront aller jusqu’à utiliser la carte de crédit de leurs parents sans leur permission, a affirmé le psychologue. «J’ai vu des affaires de 2000, 3000, 4000 $ et les jeunes ne comprennent pas que c’est de la fraude!»

Alors que ces chiffres sont inquiétants, ils sont paradoxalement rassurants. 

Selon Mme Gauthier, il est encourageant de voir qu’autant de jeunes cherchent de l’aide. En espérant que la fin graduelle de l’isolement facilite la réhabilitation de ces jeunes.

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