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Québec rejette le projet de GNL Québec

L’entreprise GNL Québec a échoué à convaincre le gouvernement Legault de l’aspect vert de son projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay qui «ne pourra pas voir le jour».

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C’est ce qu’a annoncé mercredi le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, en visite au Saguenay pour l’occasion.

«On avait parlé d’un projet qui se devait de favoriser la transition énergétique et de contribuer à une diminution mondiale des gaz à effet de serre (GES) et à ce niveau le promoteur n’a pas réussi à en faire la démonstration», a-t-il déclaré.

«Au contraire», les réponses transmises par l’entreprise laissaient craindre au gouvernement une augmentation irréversible des GES dans les pays où serait exporté le gaz produit, a précisé le ministre.

«C’est un projet qui a plus de désavantages que d’avantages», a-t-il tranché en ajoutant plus tard que l’entreprise devrait recommencer tout le processus d’évaluation environnementale si elle souhaitait déposer une nouvelle mouture.

Il s’agit d’un coup dur pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean où plusieurs intervenants s’étaient prononcés pour la réalisation de ce mégaprojet. Combiné au prolongement d’un pipeline depuis la frontière avec l’Ontario piloté par l’entreprise Gazoduq, il devait représenter le plus important investissement privé de l’histoire du Québec pour une somme totale de 14 milliards $.

«C’est certain que ce projet était initialement porteur d’espoir pour l’économie de notre région», a d’ailleurs reconnu la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, aux côtés de son collègue Charette.

Les deux ministres ont saisi l’occasion pour vanter la venue d’autres projets dans la région, notamment celui de production d’aluminium sans GES Élysis.

Depuis plusieurs semaines, les tuiles ne cessaient pourtant de s’abattre sur Énergie Saguenay, que développait GNL Québec depuis maintenant plus de six ans.

Déjà, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avait rendu un avis défavorable à son sujet en soulignant que le projet de liquéfaction et d’exportation de gaz naturel entraînerait un ajout d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

La décision du gouvernement Legault était attendue de pied ferme, en particulier par les groupes environnementaux qui souhaitaient le voir rejeter pour de bon.

Les réactions ne se sont donc pas fait attendre mercredi, tant du côté des partisans que des opposants.

«Nous sommes évidemment déçus et surpris de cette annonce et notre conseil d’administration évaluera les prochaines étapes afin de composer avec cette décision difficile qui se répercute sur nos employés, nos investisseurs et nos parties prenantes», a fait savoir GNL Québec par la voie d’un porte-parole.

«L’annonce du refus du projet GNL Québec/Gazoduq par le gouvernement québécois démontre qu’il n’y a plus d’avenir pour les projets fossiles», a affirmé une coalition de groupes de la société civile dont fait partie la Fondation David Suzuki et Greenpeace.

À Québec, les trois partis d’opposition étaient contre. Le Parti libéral du Québec, qui avait déjà appuyé le projet par le passé, a changé son fusil d’épaule quelques jours avant la publication du rapport défavorable du BAPE, en mars dernier.

«J’applaudis, c’est la seule bonne décision qu’il peut y avoir dans ce dossier-là, s’est réjouie la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, Isabelle Melançon. Elle remet toutefois en question l’approche du gouvernement qui a gardé la porte ouverte à d’autres projets semblables à l’avenir.

«Aujourd’hui, la CAQ de François Legault a simplement rendu la seule décision qui s’imposait et il était temps qu’elle soit prise! On a perdu beaucoup de temps avec un projet polluant comme GNL Québec au lieu de proposer aux citoyens et citoyennes du Saguenay des projets de développement économique verts et justes», a estimé sa vis-à-vis solidaire, Ruba Ghazal.

«C’était la seule chose à faire, tant d’un point de vue climatique qu’économique. Maintenant, nous pourrons véritablement envisager des projets autrement plus rassembleurs, qui laisseront un héritage intéressant aux générations futures», a insisté pour sa part le député péquiste Sylvain Gaudreault, un des seuls élus de la région qui s’était officiellement prononcé contre le projet de GNL Québec.