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Un homme de Trois-Rivières a vécu de près le déluge du Saguenay

Un homme de Trois-Rivières, Éric Chevalier, se rappelle très bien du déluge du Saguenay, lui qui a tenté de relancer l’usine de pâtes et papier de Port-Alfred alors que plusieurs de ses employés avaient tout perdu.

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«Ça marque l'imaginaire. C'est une situation que je n'oublierai jamais de ma vie. C’était une désolation, un champ de guerre. Tu regardes et tu dis, ça, c'était la salle de quilles, la caisse populaire où je faisais affaire, il y avait une station-service, un dépanneur. Là, il n'y a plus rien», a-t-il confié.

M. Chevalier était en vacances au Parc national des Monts-Valin lorsque le déluge est survenu. Un des ponts avait cédé sur la route. Il se compte chanceux puisque sa maison à Port-Alfred – aujourd’hui un quartier de Saguenay – est demeurée intacte.

À l'époque, il occupait le poste de directeur des ressources humaines pour Abitibi Consolidated. Son mandat a été de repartir l'usine de Port-Alfred. La plus grande difficulté a été de retrouver et rejoindre les employés, dont plusieurs n'avaient plus rien.

«On a travaillé en collaboration avec les syndicats à l'époque pour faire des rencontres d'information à différents endroits dans la ville... avec le bouche-à-oreille, pour voir qui est disponible à revenir travailler, se souvient-il. Ça m'avait marqué. Un travailleur qui m'avait dit "si j'avais passé au feu, il me resterait un terrain, un véhicule". Là je n’ai plus rien! »

Il conserve encore aujourd'hui des photos et des coupures de journaux de l'époque. Il avait d'ailleurs accordé plusieurs entrevues aux médias.

«Les travailleurs se posaient beaucoup de questions. Je fais quoi si je ne peux pas me présenter au travail? Est-ce que je peux avoir un congé? Je vais être rémunéré comment? Est-ce que j’ai des vacances? Les médias étaient une courroie de transmission», a expliqué Éric Chevalier.

Il se souvient également de la solidarité des gens à travers la crise. «On avait une association de retraités à l'usine qui avait aussi aidé pour trouver des vêtements pour ceux qui avaient tout perdu. Tout le monde s'est serré les coudes», a-t-il dit.