/finance/homepage

Vers une année record pour les tournages étrangers au Québec

Le film américain <i>Transformers : Rise of the Beasts</i> est tourné actuellement au Québec et va générer jusqu’à 200 millions de dollars de retombées. Ci-haut, une séquence de <i>Transformers : L’ère de l’extinction</i>, le quatrième film de la populaire franchise.

Photo courtoisie

Le film américain Transformers : Rise of the Beasts est tourné actuellement au Québec et va générer jusqu’à 200 millions de dollars de retombées. Ci-haut, une séquence de Transformers : L’ère de l’extinction, le quatrième film de la populaire franchise.

Après la pluie, le beau temps. Si l’année 2020 avait été pénible pour les tournages étrangers au Québec, 2021 s’annonce étincelante et l’industrie s’attend à battre des records malgré la pandémie, a appris Le Journal. 

« Au 30 juin, on avait 350 millions $ qui ont été confirmés. On parle actuellement avec Sony, Netflix, New Regency pour des projets concrets. Donc, on va certainement avoir une année record, atteindre 400 millions $ de retombées, et tant mieux si on le dépasse », affirme Pierre Moreau, directeur général du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ) au cours d’un entretien téléphonique. 

• À lire aussi: Un nouveau studio de tournage de 76 M$ pour MELS

Difficile pour lui de cacher son enthousiasme alors que de grosses productions américaines se sont installées à Montréal comme Transformers et Disappointment Blvd, un film tourné à Saint-Bruno-de-Montarville, avec en vedette l’acteur Joaquin Phoenix. 

Car l’industrie revient de loin. Lors des premiers mois de la pandémie, tout était arrêté et les artisans rongeaient leur frein. 

« Ç’a été la croix et la bannière, quatre mois d’activités ont été coupés et on se posait beaucoup des questions sur l’avenir », relate-t-il. 

Mais avec la pandémie, l’offre cinématographique et télévisuelle s’est épuisée et les grands studios tournent maintenant à un rythme effarant. 

« Ce n’est pas près de s’arrêter, les Netflix, Amazon, Apple, ils produisent tous énormément. Pendant la pandémie, les consommateurs ont vidé les banques, ils ont tout regardé. Donc, on s’attend à avoir beaucoup de tournages lors des prochaines années », prédit-il. 

Montréal demeure attrayante

Montréal demeure un lieu attrayant pour les producteurs américains. La ville se classe troisième pour le nombre de tournages, après Vancouver, qui est dans la cour arrière de Hollywood, et Toronto qui est mieux desservi par les lignes aériennes. 

« Ici, on peut représenter Boston, Chicago, New York, Prague ou Paris. Faut que tu “spottes” le bon coin de rue ! Tu n’as pas cela à Vancouver ou à Toronto. On est allé à Québec avec les représentants de Netflix. On s’est arrêtés devant la porte Saint-Jean et ils n’en revenaient pas qu’il y ait une ville fortifiée en Amérique du Nord », raconte M. Moreau. 

Mais le problème actuel, c’est la capacité d’accueil. Avec l’arrivée de MELS 4, un nouveau studio, il y aura un ajout de 60 000 pieds carrés dédiés aux tournages pour un total de 400 000 au Québec. Mais l’industrie veut doubler ce chiffre d’ici deux à trois ans. 

« Les Américains l’ont toujours dit : built it and we will come ! Ils aiment tourner ici, on a des crédits d’impôt compétitifs, aux alentours de 40 %, plus le dollar canadien qui diminue encore plus leurs coûts. Imaginez ce que cela représente sur un budget de 100 millions de dollars », souligne Pierre Moreau.  


Les retombées économiques des tournages étrangers pour le Québec  

2016 : 298 millions $  

2017 : 383 millions $  

2018 : 378 millions $  

2019 : 360 millions $  

2020 : 189 millions $  

2021 : 400 millions $