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Canards et lapins abandonnés par des influenceurs

Si les déménagements contribuent encore une fois à la hausse des abandons d’animaux, la SPCA Montréal constate, cette année, que plusieurs d’entre eux sont aussi liés à des achats impulsifs.

«On a vu dans les derniers mois, par exemple, des canards achetés impulsivement pour faire des stories sur Instagram ou TikTok ou Snapchat. Ces canards-là se retrouvent dans des refuges après parce qu’on se rend compte que des canards, ça ne vit pas dans un appartement et nous on se retrouve pris avec ça», explique Élise Desaulniers, directrice générale SPCA Montréal, en entrevue à TVA Nouvelles.

L’organisme de protection des animaux constate, cette année, une hausse de 34% des abandons de lapins, de hamster, de perruches et de canards par rapport à l’an passé. 

Capture d'écran/TVA Nouvelles

La SPCA rapportait six canards abandonnés l'an dernier. Cette année, 57 se sont retrouvés chez l'organisme. Au refuge Le Berger Blanc, même son de cloche. L'organisme a dû intervenir à plusieurs reprises pour des lapins ou des oiseaux livrés à eux-mêmes en pleine ville. 

Capture d'écran/TVA Nouvelles

«Les gens ne réalisent pas la charge de travail qu'un petit animal peut apporter. On pense que c'est un petit furet, un petit lapin, mais ça a besoin d'espace. Ce n'est pas censé rester en cage non plus. Ça a des besoins particuliers. Donc, il y a un manque de responsabilisation», soutient Alexandrine De Lasalle, responsable des communications pour Le Berger Blanc.

Déménagements

En plus des achats impulsifs d’influenceurs ou de certaines familles, les déménagements sont aussi en cause. 

En pleine pénurie de logements, plusieurs doivent faire le triste choix de se départir de leur animal pour réussir à se trouver un appartement. 

«Dû à la surenchère, dû au fait qu'il y a très peu de logements, les propriétaires se permettent vraiment de mettre de plus en plus de critères. Mais définitivement, ça devient de plus en plus difficile de trouver un logement. Alors, qu'on ait un animal de compagnie, c'est sûr que c'est un obstacle de plus», explique Olivia Dumas du Regroupement des comités logements et associations de locataires.

Devant l'arrivée plus importante de petits animaux dans les refuges, les organismes implorent ceux qui souhaitent adopter un animal de bien y penser avant de passer à l'action.

«Alors on demande aux gens de réfléchir avant d’acheter», lance Élise Desaulniers. 

Les refuges craignent aussi davantage d'abandons cet automne avec le retour en présentiel de plusieurs travailleurs.  

Manque de main-d’œuvre 

Si la SPCA Montréal dit avoir suffisamment d’espace pour recevoir ces animaux abandonnés, le manque de personnel pour les soigner pose un problème. 

Environ 15 postes sont à combler dans la métropole et l’organisme n’arrive pas à trouver la main-d’œuvre nécessaire. 

Cette situation fait craindre à la SPCA un impact sur la qualité des soins offerts aux animaux. 

- d’après les informations de Catherine Bouchard