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Stéphanie Bédard: «Je fais ce métier à ma manière»

Dario Ayala / Agence QMI

Celle qu’on a pu découvrir lors de l’édition 2005 de «Star Académie» est en tournée sur les lacs du Québec, prépare un album et, sur une note plus personnelle, tente avec son amoureux d’avoir un premier enfant. Entrevue avec la chanteuse.

Stéphanie, comment ça va en cet été 2021?
Je vais super bien! La tour née «La route des lacs» est lancée et ça va très bien. Ça faisait longtemps que je n’avais pas chanté et il y avait comme un petit stress. Surtout que mon spectacle prend une direction un peu différente cette année, et je me demandais si les gens allaient aimer ça. Mais, finale ment, les gens ont vraiment embarqué, et ç’a super bien été.

Que peux-tu nous dire sur le concept de cette tournée?
C’est simple, je présente un spectacle guitare-voix sur une plateforme en plein milieu d’un lac. Cette année, grâce à l’assouplisse ment des mesures sanitaires, nous pouvons avoir des gens sur la berge et c’est super. Souvent, les gens viennent nous entendre en pédalo, en kayak ou en chaloupe. Donc je propose aux gens d’aller faire des spectacles sur leur lac. Ça se passe le soir à la belle étoile, il y a de beaux couchers de soleil et c’est vraiment magique. On est vraiment en harmonie avec la nature, et tout ça dans la musique douce. Je travaille en ce moment sur mon prochain album, qui sera beaucoup plus calme, donc ce concept de spectacle me permet de faire le pont entre la Stéphanie plus rock et celle qui s’en vient. Sur scène, je chante des coups de cœur à moi, des chansons que j’ai chantées à «Star Académie», des chansons importantes pour moi et quelques-unes de mon répertoire.

Comment est née cette idée?
Ça fait 10 ans que j’habite sur le bord d’un lac et l’été dernier, avec le confine ment, je me disais que c’était mort pour les spectacles. Puis, un soir, des amis sont venus nous rejoindre et nous nous sommes promenés en ponton sur le lac. On s’est mis à chanter et à faire de la musique, et je me suis dit que c’était cool comme formule.

Justement, comment as-tu vécu cette période de confinement?
J’ai ma compagnie de savon, et la pandémie m’a permis de mettre plus de temps là-dessus, de donner un grand coup sur mes créations. Je ne suis pas malheureuse quand je ne chante pas, parce que j’ai en masse de trucs pour m’occuper en dehors de la chanson. J’aime beaucoup faire des affaires et je suis une bonne entrepreneuse. En plus, ce petit break m’a permis de prendre du recul et de réfléchir à la façon dont j’allais refaire de la musique quand ça allait recommencer. Il y a beaucoup de spectacles que j’ai faits dans ma vie parce que c’était mon gagne-pain, mais qui n’étaient pas vraiment ce que j’avais envie de faire. Heureusement, il y a aussi beaucoup de choses que j’ai faites et que j’avais envie de faire.

Parle-moi de tes savons...
Ma compagnie se nomme Belle sans artifice. Je vends des savons, des soins pour les cheveux en barre et quelques autres produits depuis sept ou huit ans. Je cherchais des produits qui allaient me convenir. Souvent, on fait attention à ce qu’on mange, mais je trouve aussi important de faire attention à la manière dont nous nourrissons notre peau. Je voulais aussi faire des produits respectueux de l’environnement, offrir de nouvelles options. Avec la pandémie, ça a pris un bel essor et tout va bien. Mon atelier est maintenant à quelques pas de chez moi à Saint-Élie-de-Caxton. Je suis bien installée et j’adore ça.

Et tu travailles sur un album. C’était plutôt imprévu, ça, non?
Oui, un producteur qui avait un budget m’a fait signe et je me suis lancée. Mais ce n’était effectivement pas dans les plans. C’est arrivé comme un beau cadeau et je suis en train de faire l’album qui me tente, avec les messages que j’ai envie de passer et qui représentent mes valeurs. J’ai des choses à dire et j’ai envie de faire autre chose que de chanter les chansons des autres. Je vais prendre ce disque comme si c’était mon dernier. Si ce n’est pas le cas, tant mieux, mais c’est un disque dans lequel je ne ferai pas de compromis. Je vais travailler avec Pilou, que j’adore, et je participe avec lui à l’écriture des chansons. Je veux être fière de cet album.

As-tu été désillusionnée par ce métier?
Ça fait 20 ans que je chante, ça fait 16 ans depuis «Star Académie», mais je ne prends plus ce métier comme quelque chose de déprimant quand ça ne va pas à mon goût. Au contraire, j’ai appris à vivre avec les fluctuations de ce métier, et ça va mieux. Maintenant, quand je me pose des questions, c’est parce qu’il est peut-être temps que je réenligne la manière de faire. Je ne me maquille plus, je fais des spectacles sur les lacs et je ne sors pratiquement pas de mon village. Je fais ce métier à ma manière et comme j’ai envie de le faire. La grosse machine, ç’a été correct pendant un temps, mais je pense que ça me convient moins. De plus, le fait d’avoir les savons me permet d’avoir du recul et de faire autre chose quand la musique ne marche pas à mon goût.

Pourquoi as-tu cessé de te maquiller?
Je suis bien pas maquillée, en jeans et en t-shirt. Même quand je fais des spectacles ou des émissions de télévision, je ne me maquille plus. J’ai jeté mon sac de maquillage l’année dernière. J’ai envie de me regarder dans le miroir et de me trouver belle sans maquillage. J’ai envie de m’accepter comme ça, et avant mes spectacles, j’aime mieux passer du temps à rire et à jaser avec mes musiciens que de m’enfermer et me maquiller pendant une heure.

C’est quand même paradoxal par rapport au métier que tu fais, non?
Oui, mais je pense que j’ai la propension à ça, à vouloir faire les choses à l’inverse de ce qui se fait d’habitude. Je n’aime pas aller dans le sens où tout le monde va. J’aime me lever le matin et ne pas me demander si mes cheveux sont corrects ou s’il faut que je cache mes cernes.

Est-ce que cela change ton rapport à la séduction?
Oui, mais je suis en amour, donc je ne drague plus. J’ai envie que mon homme m’aime sans artifices et sans fausse représentation. J’ai envie de me faire aimer au naturel.

Tu vas avoir 40 ans dans quelques mois. Tu vis ça comment?
Je vis ça très bien. J’aime la femme que je deviens, même si la peau ramollit et certaines parties de mon corps commencent à descendre. Mais je gagne en expérience et je sais beaucoup mieux où je m’en vais. Je suis capable de m’affirmer beaucoup plus qu’avant et j’ai travaillé sur moi. Je me sens beaucoup plus riche, pas dans mon compte en banque, mais dans la vie.

Comment vois-tu la quarantaine?
Je travaille fort pour arriver à être autonome sur le plan professionnel. J’ai aussi envie de me poser musicalement et je veux me consacrer à la création avant tout. Je n’ai plus envie de faire de gestion.

Qui dit quarantaine dit souvent appel de la maternité. En es-tu là?
On est en plein là-dedans! Mattéo, mon chum, et moi nous essayons très fort d’avoir un enfant. Je ne veux pas une famille de cinq enfants, mais j’aimerais au moins en avoir un. On se souhaite un enfant pour les prochains mois.

• Pour en savoir plus sur ses dates de spectacle La route des lacs ou acheter ses savons: bellesansartifice.com.