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Un ex-prostitué et danseur nu rêve de crever l’écran

Un danseur nu qui faisait fantasmer ses clients dans la peau de son personnage «Junior» retrouve sa passion de la scène 20 ans plus tard en réalisant son rêve de devenir acteur.

Adolescent, Sylvain Laforest s’est révolté après s’être fait agresser sexuellement alors qu’il vivait dans une famille d’accueil de Montréal. Il s’est mis à boire beaucoup d’alcool et à consommer des drogues, allant du cannabis à la cocaïne. Durant cette période trouble, vers 16 ou 17 ans, un ami avec qui il habitait en famille d’accueil lui a fait découvrir le quartier gai.

«J’ai commencé à faire de la prostitution», raconte l’homme, maintenant âgé de 42 ans.

Celui qui n’a jamais douté de son hétérosexualité était alors attiré par «l’argent facile» et le pouvoir. Bien sûr, il a frayé avec le crime organisé.

«J’avais même mon garde du corps armé», confie-t-il.

Bête de scène  

À 18 ans, M. Laforest a délaissé la rue pour devenir danseur nu au réputé club L’Adonis, toujours dans le Village, rue Sainte-Catherine Est. Dans la peau de «Junior», son surnom de danseur, il s’est alors découvert une véritable passion pour la scène qu’il transmettait à ses nombreux fans, qui l’adulaient.

«J’adorais ça être une vedette. J’aimais voir à quel point les gens me désiraient», partage cet artiste dans l’âme.

«Junior» vivait «la grosse vie», comme il dit. Il ramassait des 100 $ sur la scène. Il se faisait offrir du champagne à profusion et des nuits dans de grands hôtels. Des clients lui payaient des journées de magasinage illimité, etc.

«Au début, c’est vraiment «hot», mais tu finis par te sentir comme un morceau de viande. C’est de l’illusion», confie-t-il, avec du recul.

Un jour, à l’âge de 20 ans, Sylvain Laforest, s’est fait intercepter sur la rue alors qu’il détenait d’importantes quantités de drogue.

«Les policiers ont arrêté un plus gros vendeur et m’ont laissé repartir. J’ai tout arrêté. Je n’ai plus jamais touché à ça. Je savais que c’était ma dernière chance si je ne voulais pas finir mes jours en prison», relate l’homme, reconnaissant.

Nouvelle vie  

Après une thérapie et un retour aux études pour obtenir son diplôme secondaire, il a suivi des formations comme vendeur et styliste vestimentaire. À 40 ans, juste avant le début de la pandémie, il a décidé de tenter sa chance comme acteur. Depuis, malgré tout ce que cette situation sanitaire a forcé dans les façons de faire, il a déjà participé à plusieurs productions, comme figurant et comédien, avec ou sans texte.

«Ça me passionne!» s’exclame le Drummondvillois.

C’est pourquoi il s’entraîne avec rigueur, tantôt pour peaufiner sa diction et son interprétation avec l’artiste France Labonté, tantôt pour améliorer sa forme avec son coach Denis Dionne.

Comme agent libre, il approche lui-même les producteurs, avec l'entregent que démontrait «Junior» dans ses jeunes années.

Fier de ce qu’il devient, M. Laforest sait aujourd’hui que son but est noble et il est confiant de l’atteindre.

«Quand ta destinée est là, tout se place pour que ça arrive», dit-il, avec assurance.

Sa feuille de route, comme figurant et comédien, se remplit depuis deux ans

1- «Conversation intime» (court-métrage sur un conflit conjugal)

2- «Barskins» (série)

3- «Le ninja de la protection sanitaire» (court-métrage)

4- «Heroique Film» (série Web)

5- «Gastronomie 3» (court-métrage d’horreur avec le réalisateur Steve Robillard)

6- «Mon dernier jour» (court-métrage qui dénonce les féminicides)