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Haïti dit adieu, sous haute sécurité, à son président assassiné

Les Haïtiens rendaient vendredi un dernier hommage à leur président assassiné Jovenel Moïse, lors de funérailles nationales placées sous haute sécurité dans le pays rongé par les violences et la pauvreté.

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Prévue pour durer toute la matinée, la cérémonie solennelle se déroulait dans la ville de Cap-Haïtien, la métropole septentrionale d’Haïti. M. Moïse, tué le 7 juillet à son domicile de la capitale Port-au-Prince par un commando armé, était originaire du nord du pays.

Cap-Haïtien était relativement calme au matin, après une journée de tension jeudi. Des policiers ont été déployés un peu partout dans les rues.

Le cercueil de Jovenel Moïse, recouvert du drapeau national et de l’écharpe présidentielle, était exposé sur une esplanade, ornée de fleurs. La dépouille était gardée par des soldats des forces armées d’Haïti.

AFP

 La veuve du président a rendu un hommage appuyé à son mari, à la fructueuse carrière d’entrepreneur avant son entrée en politique, et a déploré sa fin tragique, «sauvagement assassiné», «abandonné et trahi».

«Quel crime as-tu commis pour mériter un tel châtiment?», a demandé l’épouse en deuil, coiffée d’un chapeau noir.

«Il connaissait bien les vices de ce système pourri et injuste», a affirmé Mme Moïse, «ce système auquel peu avant lui ont voulu s’attaquer».

«Il s’est retrouvé du jour au lendemain avec tout le système en bloc, en face de lui», a-t-elle poursuivi, ajoutant toutefois ne vouloir «ni vengeance, ni violence».

AFP

Ces louanges contrastent avec la vive défiance que suscitait avant sa mort M. Moïse au sein d’une bonne partie de la population civile, qui l’accusait d’inaction face à la crise et de dérive autoritaire, après qu’il eut suspendu le parlement.

Reste que l’assassinat du président a encore davantage plongé dans l’incertitude le pays et fait resurgir des tensions historiques au sein de la population.

Présent à Cap-Haïtien, le directeur général de la police nationale, Léon Charles, a notamment été pris à partie jeudi par des habitants qui lui reprochaient d’avoir échoué à protéger le président Moïse, l’enfant du pays.

Ariel Henry, le nouveau Premier ministre qui a pris ses fonctions mardi, a promis de traduire en justice les assassins du chef de l’État et d’organiser des élections présidentielles et législatives exigées par la population et la communauté internationale.

Les habitants du nord d’Haïti rappellent que Jovenel Moïse est le cinquième chef d’État originaire de leur région à avoir été tué dans l’ouest, où se trouve la capitale, Port-au-Prince. Certains accusent les Haïtiens de l’Ouest d’avoir perpétré ces assassinats.

Jeudi, des riverains ont ainsi érigé des barricades sur les routes nationales qui mènent au Cap-Haïtien afin, ont-ils affirmé, d’empêcher les habitants de Port-au-Prince de venir assister aux funérailles.

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