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Dette provinciale : ne nous assoyons pas sur nos lauriers

Miguel Ouellette  économiste et directeur des opérations de l’Institut économique de Montréal.

Photo Ben Pelosse

Cette semaine, nous apprenions que malgré la crise économique liée à la pandémie et aux dépenses extraordinaires qui ont été engagées ces derniers mois, le Québec s’est vu confirmer sa cote de crédit « avec perspective stable » par les agences de notations. Bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle – après tout, remettre de l’ordre dans la maison devrait toujours être une priorité – nous ne devrions pas tenir cette nouvelle pour acquise et retarder davantage le retour à l’équilibre budgétaire prévu pour 2027-2028.  

Qui dit prudence budgétaire, dit équité intergénérationnelle  

Contrairement au gouvernement fédéral, qui accumulait les déficits même avant la crise et qui a propulsé la dette publique à un niveau historique, l’équipe Legault a fait preuve de prudence et d’une certaine rigueur avant la pandémie. Cette discipline budgétaire – qui est tout aussi importante sur le plan personnel que pour l’État – nous a permis de mieux nous préparer et de faire face à la situation inattendue à laquelle nous sommes confrontés. Cependant, avec cette crise, la province enregistrera un déficit de plus de 6,7 milliards de dollars pour 2020-2021. Il faut noter qu’il s’agit d’une somme 2,2 fois inférieure à ce qui avait été initialement prévu par le ministre Girard – n’oublions pas que la province a reçu plus de 40 milliards de dollars en aide du fédéral pendant la pandémie. Toutefois, soyons clairs: que l’argent vienne de la poche gauche ou de la poche droite, c’est toujours le contribuable qui finit par en payer le prix. Présentement, la dette du secteur public québécois s’élève à près de 300 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de 140 000 $ par famille de quatre personnes. De plus, d’ici le 31 mars 2022, la dette augmentera à raison de 37 millions de dollars par jour. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une urgence que nous devons adresser dans les deux prochains jours ouvrables, il est impératif de garder en tête le principe d’équité intergénérationnelle et qu’il est tout à fait souhaitable de réduire le poids de notre dette. 

Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Miguel Ouellette sur QUB radio: 

Chaque nouveau-né québécois vient au monde avec une dette personnelle d’environ 35 000 $. Quel beau cadeau pour commencer sa vie! Évidemment, il ne s’agit pas là d’argent qui sera prélevé de son compte bancaire chaque semaine, mais cela illustre bien que nos décisions d’aujourd’hui affectent grandement les prochaines générations. En effet, chaque année, les contribuables québécois paient individuellement plus de 1500 $ en intérêts sur cette dette. Une simple hausse des taux d’intérêt ou du montant de notre dette publique gonflerait ce paiement annuel tant pour nous aujourd’hui, que pour nos enfants demain. 

Équilibre budgétaire  

Si nous voulons offrir un avenir prospère aux prochaines générations, nous devons renouer avec l’équilibre budgétaire aussitôt que possible et faire constamment preuve de prudence budgétaire. Nous ne pouvons pas nous permettre de rouler en Cadillac avec l’argent de nos enfants. Sachant que nous figurons déjà au rang des contribuables les plus lourdement imposés et taxés au monde, le gouvernement se doit de contrôler ses dépenses afin de pouvoir diminuer le fardeau de la dette pour respecter la notion primordiale d’équité intergénérationnelle. 

Une cote de crédit satisfaisante est un pas dans la bonne direction, mais ne tombons pas dans le panneau en s’assoyant sur nos lauriers. 

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