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L’écrivaine Michèle Lalonde est décédée

L’écrivaine et poète Michèle Lalonde s’est éteinte jeudi, à l’âge de 83 ans, au CHSLD Paul-Lizotte, à Montréal.

L’information a été confirmée à l’Agence QMI par son fils, Laurent Duchastel.

«Elle était poète, dramaturge, essayiste, présidente de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, elle a beaucoup œuvré pour la reconnaissance du droit d’auteur», a mentionné Monsieur Duchastel en entrevue, rappelant les différents rôles qu’a pu tenir sa mère au cours de sa vie.

Madame Lalonde était connue pour de nombreuses œuvres, notamment son poème «Speak White», écrit en 1968 et souvent interprété comme un manifeste contre la domination anglophone.

«On connaît l’interprétation qui en a été faite par la culture populaire au Québec, mais elle s’est toujours opposée à cette lecture restrictive, que canadienne-française et nationaliste, parce que ça n’a jamais été pour elle l’essence du texte qu’elle avait écrit», a d’ailleurs expliqué son fils au sujet de ce poème.

«C’est un texte qui dénonce le colonialisme dans une perspective universelle, et, quand on en fait la lecture, on se rend compte qu’elle parle de toutes les cultures opprimées» , a poursuivi Laurent Duchastel.

Son poème a d’ailleurs été repris dans la pièce «887», de Robert Lepage, une attention qui avait été très appréciée par Madame Lalonde.

«Elle a été très heureuse que Robert Lepage redonne au texte, strophe par strophe, la réinterprétation universelle du texte, en rapport à l’identité, à la culture, au cadre social et surtout au travail de mémoire», a souligné Monsieur Duchastel.

«Derrière chaque texte, chaque ligne, elle pouvait faire un cours d’histoire», a témoigné son fils.

Vague de réactions

Plusieurs personnalités politiques se sont saisies de leurs comptes Twitter, vendredi après-midi, pour réagir à la triste nouvelle du décès de Michèle Lalonde.

«Une grande dame, dramaturge, essayiste montréalaise nous quitte. L'œuvre de Michèle Lalonde était engagée, inspirée et nous nous souviendrons d'elle pour son ardente défense de la langue française. Mes pensées vont à ses proches», a notamment écrit la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«Triste nouvelle. Mes plus sincères condoléances», a déclaré la députée libérale Christine St-Pierre.

«Michèle Lalonde laisse derrière elle une œuvre percutante qui a marqué les Québécoises et les Québécois. Mes condoléances à sa famille et à ses proches», a réagi pour sa part Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications.

Le Parti québécois et le Bloc québécois ont également tenu à présenter leurs condoléances sur les médias sociaux, saluant le rôle de Michèle Lalonde dans l’héritage québécois.

Le milieu culturel n’est pas en reste, la Revue «Liberté» ayant notamment tenu à rendre hommage à l’écrivaine, qui avait collaboré pendant plusieurs décennies à la publication.

«Elle a écrit de nombreux de textes – poèmes, essais –, elle a longtemps siégé au comité de rédaction, fut également secrétaire de rédaction. Son apport à la revue est inestimable (et souvent, il faut bien le dire, inestimé)», a fait savoir «Liberté» dans une publication sur Facebook.

«Remarquable, son œuvre inclut le célèbre poème "Speak White" (1968), sur discrimination linguistique dont étaient victimes les Québécois·es francophones à l'époque», a précisé l’Office national du film du Canada (ONF) sur Facebook.

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