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Les producteurs remportent une bataille dans la guerre de la patate

Francis Desrochers, ici dans sa ferme de Lanaudière, est habitué à se frotter à Yum Yum, le seul fabricant québécois de croustilles. Le président des Producteurs de pommes de terre du Québec est content de la décision rendue par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec le 23 juin.

Photo d’archives, Martin Alarie

Francis Desrochers, ici dans sa ferme de Lanaudière, est habitué à se frotter à Yum Yum, le seul fabricant québécois de croustilles. Le président des Producteurs de pommes de terre du Québec est content de la décision rendue par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec le 23 juin.

Après quatre mois de délibérations, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) a donné partiellement raison aux Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ) dans leur combat contre la seule entreprise québécoise qui produit des croustilles, Yum Yum, le mois dernier.

Les producteurs demandaient que Yum Yum paie 2,02 $ de plus par quintal de patates. Ils ont finalement obtenu une augmentation de 0,50 $. 

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« On ne peut pas se plaindre, c’est la meilleure décision qu’on a jamais eue à la Régie », explique Francis Desrochers, président des PPTQ. 

Long combat

C’était la troisième fois depuis 2014 que les deux parties se retrouvaient devant la Régie des marchés agricoles. 

La grande patronne de Croustilles Yum Yum et d’Aliments Krispy Kernels, Valérie Jalbert, n’a pas répondu à nos appels et à nos courriels, hier. 

Au Québec, mis à part Yum Yum, une seule autre entreprise produit des croustilles : la multinationale états-unienne Frito-Lay. Et depuis 2014, Yum Yum paie ses patates québécoises 21 % moins cher qu’elle. 

Un écart de prix que les PPTQ tentent de réduire depuis qu’il existe. 

« La décision de la régie met de nouvelles bases pour qu’on se parle et qu’on travaille en partenariat avec Yum Yum », pense M. Desrochers. 

La RMAAQ vient de donner la marge nécessaire aux producteurs, pense-t-il, afin qu’ils innovent et répondent aux aléas des changements climatiques, par exemple. 

« Il faut investir pour avoir des meilleurs rendements », dit-il.

Reste maintenant à savoir si Yum Yum va entériner la décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. L’entreprise a jusqu’à aujourd’hui pour la contester en Cour supérieure. 

« Maintenant qu’ils doivent nous partager le volume total de patates qu’ils achètent en raison de l’article 10.2 de la décision, ils ne sont pas très contents. Ça les chicote beaucoup », avance le président des PPTQ. 

Et pourquoi ça les « chicote » ? « Je ne sais pas. Il faudrait leur poser la question », laisse-t-il tomber.

Deux autres décisions

Dans sa décision de 2014, la RMAAQ avait accordé à Yum Yum une baisse du prix du quintal de 9 %. 

En 2016, les commissaires ont refusé aux PPTQ un rattrapage. 

La décision de 2021, scandent les producteurs, en était une pour leur survie. Ils sont très peu à produire des pommes de terre destinées à la croustille au Québec : à peine une vingtaine sur 235. 

Il s’agit d’un marché de niche qui demande des variétés à coloration parfaite et donc, plus de technique et d’investissement.

Du côté de Yum Yum, on a toujours plaidé qu’on ne peut payer plus, sans toutefois révéler les chiffres de l’entreprise. 

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