/news/world

Ottawa offre l’asile aux interprètes afghans

Photo d'archives, Agence QMI

Ottawa a annoncé vendredi la création d’un programme spécial pour protéger les Afghans qui ont servi d’interprètes ou qui ont aidé le Canada lors de sa mission en Afghanistan.

Des mesures d’immigration spéciales seront donc mises en place pour offrir l’asile à ces ressortissants afghans de plus en plus menacés en raison de leur travail.

«Aujourd’hui, devant les menaces grandissantes des talibans, nous faisons tout en notre pouvoir pour amener [les citoyens afghans] en lieu sûr. Des vies sont en jeu. C’est pourquoi nous prenons des mesures rapides et décisives pour appuyer les Afghans qui ont aidé le Canada et leur offrir un avenir dans ce pays. Le Canada s’occupera des personnes qui nous ont aidés», a déclaré par communiqué le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco E. L. Mendicino.

Les interprètes pour les Forces armées canadiennes (FAC), les gardes de sécurité ou encore tout personnel qui a travaillé à l’ambassade du Canada en Afghanistan sont admissibles à cette réinstallation en compagnie de leur famille.

Les premiers ressortissants devraient arriver au cours des prochaines semaines au Canada. Le ministre Mendicino n’a toutefois pas pu préciser le nombre de personnes qui pourraient être éligibles, jugeant qu’il «est encore trop tôt pour répondre exactement avec des chiffres ou des nombres d’individus».

Des équipes d’Affaires mondiales Canada, du ministère de la Défense nationale et d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada sont d’ailleurs présentes sur place afin de commencer le traitement des demandes, l’admissibilité reposant « sur l’importance ou la durabilité de la relation des demandeurs avec le gouvernement du Canada» et sur les exigences habituelles.

«Alors que la violence se propage, assurer la sûreté et la sécurité de tout notre personnel, qu’il soit canadien ou afghan, passé ou présent, et des personnes qui nous aident sur le terrain, est notre priorité absolue», a souligné Marc Garneau, ministre des Affaires étrangères.

Une décision tardive pour le NPD

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a rapidement réagi à cette annonce, assurant qu’il «n’y a rien d’opportun à annoncer au lendemain de la mort tragique d’un interprète afghan des mesures qui auraient dû être prises depuis longtemps».

«Les disparités dans les critères d’admissibilité du programme du gouvernement conservateur précédent, qui a pris fin en 2011 et qui a d’ailleurs mené à cette situation, ont été critiquées à l’époque, car seulement un demandeur sur trois était admissible. C’est inacceptable qu’une décennie plus tard, nous en soyons encore là», ont assuré dans une déclaration commune le porte-parole du NPD en matière de Défense, Randall Garrison, et la porte-parole en matière d’Immigration, Jenny Kwan.

Les deux porte-paroles ont également déploré le manque de détails fournis par Ottawa concernant la mise en place de ce programme.

«Beaucoup d’interprètes et collaborateurs essentiels ainsi que leurs familles sont en danger alors que les libéraux continuent de se traîner les pieds», ont-ils indiqué.

Rappelons que la mission des militaires canadiens en Afghanistan avait pris fin en 2011 après plus d’une décennie de présence. Les soldats n’ont cependant quitté le pays qu’en 2014 après avoir aidé à la formation des forces de sécurité afghanes.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.