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Pénurie de main-d'oeuvre: des éducatrices «volantes» au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les responsables de services de garde du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont désormais la possibilité de se tourner vers des éducatrices «volantes» pour combler leurs besoins de main-d'œuvre.

L'entrepreneure à l'origine de cette initiative, Isabelle Tremblay, se défend d'être une agente de placement.

Elle considère plutôt son entreprise comme un tremplin pour les jeunes éducatrices en formation.

«J'ai lancé mon entreprise en 2016, a-t-elle expliqué vendredi à TVA Nouvelles. Au début, on faisait la location de jeux éducatifs et des ateliers avec animation.»

Ce qu'elle fait toujours, mais sa jeune entreprise, Au bric à brac d'idées, propose aussi un service d'éducatrices volantes principalement composé d'étudiantes.

«Je sais qu'elles ne resteront pas toujours avec moi, a précisé Mme Tremblay. Mais je me dis que le centre de la petite enfance qui va l'embaucher sera chanceux d'avoir une personne aussi polyvalente qui connait plein de milieux différents.»

Ses trois éducatrices sont appelées à effectuer des remplacements dans des services de garde situés aux quatre coins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et bientôt aussi sur la Côte-Nord.

Des travailleuses plus expérimentées l'ont récemment contactée pour lui faire part de leur intérêt à joindre son équipe.

«Elles me disent qu'elles ont encore le goût de travailler avec les enfants, mais elles n'ont plus le goût des 50 heures ou 60 heures par semaine, a expliqué l'entrepreneure. Elles veulent à leur tour aller aider en milieu familial ou encore les CPE. Et je trouve ça intéressant parce que c'est comme de dire, on donne au suivant.»

Et les besoins sont là, particulièrement en milieu familial alors que plusieurs responsables ont récemment fait le choix de fermer leurs portes, épuisés par la lourdeur de la tâche.

«Moi, quand j'avais mon milieu familial la fin de semaine, après mes 60 heures, il fallait que je planifie la semaine et au final ce sont mes propres enfants qui écopaient, a-t-elle raconté. Il y en a plusieurs qui m'ont dit que c'est ce service-là qu'elles veulent. Travailler quatre jours par semaine et avoir leur cinquième journée pour planifier.»

Le hic, c'est que ces responsables de services de garde en milieu familial n'ont pas de budget pour faire appel à ce service de dépannage.

Elle va faire parvenir une lettre au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, parce qu'elle est convaincue que l'option qu'elle offre pourrait devenir une partie de la solution au manque de main-d'œuvre.

«Je n'ai pas eu de réponse, a-t-elle soutenu. Et je n'ai le droit, personnellement, à aucune subvention parce que je suis considérée comme une jeune entreprise, mais j'aimerais tellement ça avoir de l'aide», a dit Isabelle Tremblay.

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