/news/culture

Ma vie en films - Carole Laure: «Montrer à Gilles Carle les films de Xavier Dolan»

Photo d'archives, AGENCE QMI

Le Festival des Arts de Saint-Sauveur fête son trentième anniversaire cette année. L’événement, qui se déroule du 29 juillet au 8 août, compte Carole Laure parmi son conseil d’administration. Celle qui pensait «devenir pianiste classique» lorsqu’elle était enfant est également membre du Jury de «FASS Forward», un festival international compétitif de courts métrages valorisant la danse. L’occasion était belle de lui demander de nous laisser entrer dans son univers cinématographique... 


Carole, quel est votre premier souvenir d'une salle de cinéma?

«West Side Story, qui est également mon premier film marquant. J’ai capoté sur la musique, sublime, et je pensais que j’allais ressembler à Natalie Wood! J’étais fascinée par la réalisation, la danse. Ça m’a donné un choc. À partir de là, je crois que j’ai raffolé de la musique, de la danse... et du cinéma, évidemment. Pour moi, West Side Story est encore aujourd’hui une partition musicale exceptionnelle et l’écouter est, encore aujourd’hui, extraordinaire. Puis, ma vraie découverte du cinéma a été avec Gilles Carle. Gilles avait des caméras dans les yeux. C’était quelqu’un qui communiquait son art, sa passion du cinéma. Dès le premier film [que j’ai tourné avec lui, La Mort d'un bûcheron], j’ai découvert toutes les facettes du métier : l’écriture, la réalisation, le montage, la sortie, l’exportation au Festival de Cannes, les sorties dans des pays étrangers. J’ai tout vécu avec mon premier grand rôle au cinéma! La découverte de la puissance du cinéma m’est venue de lui, parce qu’il communiquait la façon d’écrire, jusqu’où la liberté est importante, autant dans le paysage mental que dans la réalité. Ça m’a amenée à être amoureuse de cinéma très personnel. J’aimais les auteurs. Dans ma carrière, j’ai refusé des grosses offres de cinéma commercial. J’aimais mieux faire des premières œuvres, aller vers des auteurs, parce que c’était mon école. Tous les réalisateurs sont différents. Que je tourne avec un Bertrand Blier, un Alain Corneau, un John Huston, une Joyce Buñuel... Ça ne se ressemble pas du tout! Si, un jour, on ose écrire et faire du cinéma, il ne faut pas se censurer.»


Un film récent qui vous a marquée?

«Moonlight : L'histoire d'une vie, du réalisateur Barry Jenkins. Je viens de voir Underground Railroad, une série qu’il a faite et dont j’ai du mal à effacer les images. C’est de la très, très grande réalisation. C’est du réalisme impressionniste.»


Pour vous, le cinéma, c'est...

«Le cinéma, c’est plus que de la liberté et de la créativité sauvages pures! Pour moi, le cinéma, c’est l’exploration de l’humanité tout entière, autant les passions que les douleurs, le bonheur que le malheur. Mais pas seulement la réalité! C’est très puissant de rentrer dans l’imaginaire des cinéastes, qui dépasse la réalité. J’ai une relation très forte avec le cinéma. Le cinéma m’aide à vivre.»


Quel(le)s acteur(trice)s vous fascine(nt)?

«Il y en a tellement! Je dois dire que je suis fascinée par le jeu des actrices et des acteurs québécois. Lorsqu’on voit Céline Bonnier, au cinéma, à la télévision ou au théâtre...! On n’a pas une pauvreté de jeu au Québec, non.»


Le rôle que vous êtes née pour jouer, mais qu'on ne vous a jamais proposé?

«La leçon de piano. J’en ai pleuré de ne pas avoir eu la chance d’auditionner, d’autant qu’à l’époque, ma fille Clara avait l’âge de la petite fille du film. Mais je n’ai pas su qu’il y avait des auditions. La leçon de piano est d’ailleurs l’un de mes films préférés.»


Si tout était possible, quel(le) cinéaste, mort(e) ou vivant(e), aimeriez-vous inviter au cinéma? Et quel film iriez-vous voir?

«Je montrerais à Gilles Carle tous les films de Xavier Dolan.»

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.