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Montréal: Un vélo fantôme installé sur l’avenue Christophe-Colomb

PHOTOS Gabriel Ouimet/ 24 Heures/Agence QMI.

Un vélo fantôme a été installé, samedi, au coin l’avenue Christophe-Colomb et de la rue Mistral, dans le quartier Villeray à Montréal, à l’endroit même où Louis Morency, un cycliste de 33 ans, est décédé après avoir été fauché par un camion lourd le 24 juillet 2012.

«Après neuf ans, rien n’a changé sur la rue Christophe-Colomb. Je crois que ce vélo lui revient, parce que personne ne mérite cela», a lancé la plus jeune fille du défunt, Jeanne Morency, la voix étouffée par les sanglots lors d’une cérémonie forte en émotions.

Le 24 juillet 2012, Louis Morency, en route vers son bureau situé à Laval, circulait en direction nord sur la piste cyclable de l’avenue Christophe-Colomb comme il avait l’habitude de le faire quotidiennement.

Ce matin-là cependant, un camion à ordure qui arrivait en sens inverse s’est engagé à droite sur la rue Mistral, le percutant de plein fouet.

Un vélo fantôme a été installé, samedi, au coin l’avenue Christophe-Colomb et de la rue Mistral, dans le quartier Villeray à Montréal, à l’endroit même où Louis Morency, un cycliste de 33 ans, est décédé après avoir été fauché par un camion lourd le 24 juillet 2012. LE 24 JUILLET 2021. PHOTOS Gabriel Ouimet/ 24 Heures/Agence QMI.

PHOTOS Gabriel Ouimet/ 24 Heures/Agence QMI.

Un vélo fantôme a été installé, samedi, au coin l’avenue Christophe-Colomb et de la rue Mistral, dans le quartier Villeray à Montréal, à l’endroit même où Louis Morency, un cycliste de 33 ans, est décédé après avoir été fauché par un camion lourd le 24 juillet 2012. LE 24 JUILLET 2021. PHOTOS Gabriel Ouimet/ 24 Heures/Agence QMI.

Près d’une décennie plus tard, Delphine Morency, la fille ainée du jeune chercheur en pharmaceutique, âgée de 6 ans au moment du drame, dénonce que l’intersection soit toujours exactement la même que celle qui a coûté la vie à son père.

«Tu sais papa, on dit souvent qu’il faut attendre que le pire arrive pour que les choses changent. Mais quand le pire est arrivé et que les choses ne changent même pas, je trouve ça scandaleux!», s’est-elle indignée devant les dizaines de personnes réunies devant elle.

L’organisme Vélo fantôme a d’ailleurs pointé du doigt le rôle important des véhicules lourds dans les accidents. En effet, selon leurs données, les camionneurs seraient impliqués dans 38 % des décès de cyclistes et dans 32 % des décès de piétons à Montréal.

Plus d’aménagements sécuritaires réclamés 

La co-porte-parole de l’organisme Vélo fantômes, Shanti Larochelle, croit également qu’il aurait fallu en faire beaucoup plus pour s’assurer que les drames du genre ne puissent pas se reproduire à cet endroit.

«Déjà, après le décès de Louis, un feu cycliste aurait pu être immédiatement installé aux intersections le long de cette piste cyclable afin de la sécuriser», a-t-elle indiqué.

Shanti Larochelle cite à cet effet le Réseau express vélo (REV), qu’elle voit comme un projet intéressant qui gagnerait à être répété ailleurs à Montréal.

«Le REV, c’est super. C’est large, il y a des feux cyclistes et piétons donc c’est sécuritaire, mais on ne peut pas toujours l’emprunter. Toutes les grandes artères devraient être dotées de pistes cyclables séparées et unidirectionnelles», s’est-elle exprimée.

Elle rappelle également que certaines installations nées dans la foulée de la pandémie, comme la voie active sécuritaire (VAS), auraient pu être reconduites afin de s’assurer de la sécurité des cyclistes cet été.

«Il y a eu des mobilisations cyclistes parce que c’était populaire, mais le projet n’a pas été reconduit», s’est-elle désolée.

Une question de budget et de planification, dit la Ville

Questionnée à cet effet en marge de la cérémonie, la conseillère à la mobilité au comité exécutif de la Ville de Montréal, Marianne Giguère, a indiqué que le projet n’avait pu être reconduit cette année pour des raisons de planification et de budget.

«L’an passé, les VAS avaient pu être aménagés parce qu’on avait débloqué des budgets de situation d’urgence et on avait pu payé ce que ça impliquait de réaliser ça hyper rapidement, ce qui n’est pas le cas cette année. Ce n’était pas parfait non plus notre objectif, c’est faire comme avec le REV» a-t-elle expliqué.

Elle a souligné que le projet devrait voir le jour «probablement autour de 2023».

Il s’agissait du 14e vélo fantôme installé par l’organisme depuis sa création en 2013.

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