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À l’ail ou au pastis: une microbrasserie québécoise réinvente la bière

Pour votre pinte, vous désirez plutôt un goût de piment, d'ail ou de whisky? Une microbrasserie du Québec réinvente la bière en brassant sur demande des boissons insolites pour satisfaire la soif de nouveautés des amateurs de houblon.

Basée dans la ville de Québec, l’entreprise Brasseurs sur demande est la première de la province francophone à se spécialiser dans la confection de bières de niche.

«Il y en a pour toutes les saisons, toutes les occasions», se réjouit Hélène Martel, 53 ans, une cliente attablée en terrasse, lunettes de soleil sur le nez. «C’est vraiment complet, c’est le fun!»

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L’expérimentation est la marque de fabrique de la microbrasserie, qui produit en petite quantité (en principe entre 500 et 1000 litres) et brasse à la main.

L’établissement a également mis en place une gamme spéciale de prototypes nommée Ligne 1: cette gamme de «bières-tests» permet aux brasseurs de produire environ une nouveauté par semaine en petite quantité (20 litres) que les amateurs découvrent sur place.

«Il y a une grande part de gastronomie dans la bière», raconte un autre client, Mathieu Gingras. «On ne mangerait pas toujours la même chose, et moi je ne boirais pas toujours la même chose», affirme cet amateur.

La bière est la boisson alcoolisée préférée des Canadiens, avec près de 40% des ventes totales d’alcool en 2019, selon les chiffres de Statistique Canada.

«C’est un milieu d’épicuriens; les gens ont envie de découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles façons de faire», constate le fondateur de cette microbrasserie, Bertrand Lemoyne.

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Clientèle jeune et féminine 

Créée en 2017, Brasseurs sur demande s’est d’abord spécialisée dans le brassage pour des commandes spécifiques de particuliers ou d’entreprises.

Cependant, avec «la pandémie, le nombre de demandes pour le brassage personnalisé a radicalement baissé», selon Bertrand Lemoyne. Et la microbrasserie se concentre désormais presque exclusivement sur des bières peu communes distribuées «en épiceries et dans les supermarchés», ajoute-t-il.

Encore cantonnées aux microbrasseries, car produites dans des volumes réduits, les bières «insolites» sont apparues il y a environ 15 ans dans la province canadienne francophone, d’après Martin Parrot, président de l’Association des microbrasseries du Québec (AmbQ).

Dans la région, le nombre de ces établissements a plus que doublé depuis 2015, s’établissant aujourd’hui à 276, selon cette association. Et dans leur sillage, de plus en plus de détaillants spécialisés ont vu le jour.

L’offre attire une clientèle «jeune», principalement entre 25 et 40 ans, dont 60% sont des femmes, précise Martin Parrot. Petit à petit, le phénomène gagne de nouveaux adeptes, selon lui, au-delà des beer geeks (amateurs de bières).

La pluralité de l’offre explique peut-être cette tendance, chaque consommateur étant en mesure de trouver une bière qui lui ressemble, avance-t-il.

Mais si parfois «on fait des bons coups, des fois on en fait des moins bons», confie Bertrand Lemoyne, en évoquant une bière aux herbes salées qui avait un goût de «sauce à spaghetti». «Pas génial...»

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