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Des assouplissements sont réclamés pour Fierté Montréal

Danny Jobin, copropriétaire des bars Date Karaoké Club et District Vidéo Lounge, souhaite que le gouvernement assouplisse les mesures sanitaires le temps du festival de la Fierté, comme ça a été le cas pour les bals de finissants et les matchs du Canadien.

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Danny Jobin, copropriétaire des bars Date Karaoké Club et District Vidéo Lounge, souhaite que le gouvernement assouplisse les mesures sanitaires le temps du festival de la Fierté, comme ça a été le cas pour les bals de finissants et les matchs du Canadien.

Les propriétaires de bars du Village gai supplient la Santé publique de suspendre les mesures sanitaires le temps de la semaine de Fierté Montréal, craignant de ne pouvoir contrôler les foules en plus de perdre d’importants revenus. 

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« On aimerait que le gouvernement fasse preuve de tolérance pour cette semaine-là, propose Luc Généreux, copropriétaire du bar Le Cocktail, rue Sainte-Catherine. Je pense qu’avec le taux de vaccination auquel on est rendu, ils peuvent se permettre de nous donner ça. »

En 2020, les festivités de Fierté Montréal se sont tenues virtuellement, pandémie oblige. Mais cette année, l’organisme a mis en place une formule hybride en offrant des activités en ligne et en présentiel entre le 9 et le 15 août, date du grand défilé.

Les tenanciers de bar s’attendent donc à ce que la rue Sainte-Catherine se remplisse considérablement, comme c’est le cas habituellement pour les célébrations.

« Dans le Village, Fierté c’est un peu comme le Grand Prix sur la rue Crescent. On a des gens qui viennent de partout au Québec, au Canada, et sans compter ceux qui vont venir des États-Unis avec la réouverture des frontières », dit M. Généreux.

Bondé

Mais avec l’autorisation d’accueillir seulement à 50 % de leur capacité, les craintes montent chez les tenanciers de bar qui reçoivent habituellement des milliers de clients en seulement quelques jours.

« Je refuse déjà entre 100 et 150 personnes les soirs de fin de semaine dans l’un de mes bars. Je vais faire quoi à la Gay Pride quand il va y avoir 150 fois plus de monde ? » se demande Danny Jobin, copropriétaire des bars Date Karaoké Club et District Vidéo Lounge.

De son côté, Pascal Lefebvre, propriétaire du bar karaoké Le Normandie, sur la rue Atateken, appréhende aussi la gestion des foules à l’entrée des bars et la surveillance des règles sanitaires pendant cette semaine s’il n’y a pas d’assouplissements.

« Il faut que le gouvernement trouve une solution et nous donne des outils pour cette période », plaide-t-il.

Ce sont aussi des retombées économiques importantes qui risquent d’être perdues, après des mois de fermeture.

« Généralement, ça nous permet de nous faire un petit coussin pour l’hiver. Cette année, ça nous permettrait d’éponger un peu les dettes laissées par la pandémie », fait valoir Pascal Lefebvre.

Pas si vite...

Il est encore tôt pour penser à rouvrir à 100 % les bars et restaurants considérant la menace du variant Delta et que 75 % de la population n’est pas doublement vaccinée, estiment le virologue Benoît Barbeau et Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. 

« C’est d’autant plus vrai chez les 18-40 ans qui sortent le plus dans les bars et restaurants. On court le risque que les non-vaccinés se retrouvent à l’hôpital ou développent des symptômes de la longue COVID », explique Mme Borgès Da Silva.

L’Angleterre a levé complètement ses restrictions sanitaires la semaine dernière et le pays assiste présentement à une remontée « énorme » des cas, rappelle la professeure. 

« On peut tirer profit de leur expérience pour ne pas répéter les mêmes erreurs », dit-elle. 

– Avec Erika Aubin

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