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Plongeon : Abel et Citrini-Beaulieu arrachent la médaille d’argent

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Malgré un départ qui les plaçait au sixième rang, Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu n’ont pas paniqué et ont remporté la médaille d’argent de l’épreuve du 3 m synchronisé.

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En sixième place après deux plongeons parmi les huit duos, la paire canadienne a gravi les échelons avant de signer un excellent cinquième et dernier plongeon pour confirmer leur médaille d’argent. Après quatre, elles pointaient déjà en deuxième place, mais l’Italie et l’Allemagne n’étaient pas loin derrière.

Même si elles étaient les premières à s’élancer, Abel et Citrini-Beaulieu ont éclaté en sanglots après leur dernier plongeon, sachant que leur médaille était dans le sac, et elles ont eu droit à de chaleureuses accolades des entraîneurs de l’équipe canadienne.

«On ne sait jamais ce qui peut arriver, mais j’étais convaincue que nous étions en bonne position pour récolter un podium après le quatrième tour, a raconté Abel. À mon entrée dans l’eau au cinquième, je savais que j’avais réussi mon plongeon, et j’ai immédiatement regardé Mélissa pour obtenir sa réaction, et elle avait de grands yeux. Les entraîneurs aussi étaient contents.»

Pour Abel, il s’agit d’une deuxième médaille après celle de bronze dans la même épreuve en 2012, en compagnie d’Émilie Heymans. Dans le cas de Citrini-Beaulieu, il s’agit d’un premier podium à sa première participation aux olympiades. Le duo avait remporté l’argent au mondial en 2019 en Corée du Sud et pris le quatrième rang à la Coupe du monde de Tokyo en mai dernier.

«Ce sont deux sentiments de fierté très différents, a expliqué Abel. En 2012, j’étais jeune et je plongeais avec Émilie, qui avait toute l’expérience et l’opportunité de réussir quelque chose d’énorme pour elle et le plongeon canadien en devenant l’athlète la plus titrée. Je ne voulais pas l’empêcher de réussir.»

«Ici, avec Mélissa, on ne pensait à rien d’autre qu’à notre équipe et à ce que nous voulions accomplir dans le moment présent, sans penser au passé ou au futur, poursuit Abel. C’est pourquoi c’est si beau d’avoir gagné une médaille. Je ne pourrais pas avoir une meilleure partenaire. Je ne suis pas toujours facile à gérer et je suis parfois grincheuse, et nous avons eu un petit épisode à Toronto.»

Citrini-Beaulieu savourait pleinement sa médaille. «Nous ne serions pas là sans l’une et l’autre, a-t-elle exprimé, et cette médaille témoigne de la belle chimie entre nous. La remise de la médaille à notre coéquipière avait une grande signification.»

Pandémie oblige, ce sont les athlètes qui se remettent leur médaille lors de la cérémonie du podium.

Les Chinoises dominantes   

Impériales, les Chinoises sont sorties victorieuses, alors qu’elles ont obtenu 326,40 points, comparativement à 300,78 pour la paire canadienne. Tous les autres duos prétendant au podium ont connu des ratés en cours de route.

Mitch Geller nous a fait part de son interprétation des réalités fort différentes des athlètes des deux pays. «Dès qu’elles sont identifiées parmi l’élite en bas âge, les plongeuses dédient leur vie à leur sport d’une façon qu’on ne pourrait jamais s’approcher au Canada, a expliqué le directeur de la haute performance à Plongeon Canada. Je leur lève mon chapeau, mais je ne voudrais pas faire comme la Chine. J’aime notre équilibre. L’écart diminue et il faut être créatif.»

Pas de panique   

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu assurent qu’elles n’ont jamais paniqué malgré le retard qu’elles accusaient après deux plongeons.

«On sait que nos deux premiers plongeons ne sont pas nécessairement nos meilleurs et qu’on va chercher nos points dans les trois derniers, quand les coefficients de difficulté augmentent, a expliqué Abel. On ne s’est pas laissé distraire et on savait que ce n’était pas fini.»

Citrini-Beaulieu abondait dans le même sens. «Nous sommes demeurées calmes, a-t-elle indiqué. On savait que nous étions capables. J’ai fait confiance à Jenn.»

De son côté, Mitch Geller croyait revivre le mauvais épisode de Rio quand Abel et Pamela Ware avaient échappé le bronze par des poussières après un début hésitant à leurs deux premiers plongeons.

«À Rio, elles avaient raté deux plongeons qu’elles réussissent dans leur sommeil, a illustré le directeur de la haute performance à Plongeon Canada, et elles n’avaient jamais été en mesure d’effacer le retard, pour obtenir une quatrième place crève-cœur. J’étais inquiet un peu. Il ne fallait pas que l’histoire se répète, sinon il aurait fallu qu’on cache les armes près de moi.»

«Des mauvais souvenirs sont remontés à la surface, ajoute Geller. En troisième ronde, j’ai revu de l’instabilité au départ, mais elles se sont reprises en vol. Je me croisais les doigts pour le quatrième.»

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