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Ressuscitons les beaux dimanches!

Photo courtoisie

C’est dimanche, je vais à mon marché public, où j’y trouve un vendeur que je connais. Lui de m’apostropher: tu ne travailles pas aujourd’hui? Et moi de répondre que non: c’est le jour du Seigneur.  

La cliente d’à côté, la soixantaine, rit de mon expression, qu’elle n’a pas entendue depuis des lustres. Elle se rappelle à voix haute des messes qu’elle trouvait ennuyantes. Je lui objecte qu’il y avait tout de même du beau à ce que nous pouvions tous profiter d’un congé pour nous retrouver, à prendre le temps de nous «endimancher». L’amertume de ses dimanches matins à l’église lui reste trop imprégnée, mon argument lui entre d’une oreille et lui sort de l’autre. 

Se faire beau

Cet échange anecdotique devrait nous rappeler qu’il y avait du beau, lorsqu’autrefois, nous nous permettions collectivement de prendre une journée de repos au même jour de la semaine. Les travailleurs avaient leur congé, toute la famille s’habillait joliment et les gens se réunissaient à l’église, où ils pouvaient prendre des nouvelles de tout un chacun. 

C’était le temps où le monde n’était pas encore submergé d’écrans en tout genre qui encabanent nos contemporains. L’avachissement global ne faisait pas encore ses ravages : les hommes et les femmes avaient le sens de la dignité et de l’idée de bien paraître en public. Les familles étaient plus nombreuses et les désirs étaient plus simples. 

Évidemment, tout n’était pas parfait, et la misère exerçait son empire comme à chaque époque. Inversement, notre temps n’est pas l’exact opposé de ce portrait: la beauté réussit toujours à percer chaque période de l’histoire. 

Un congé nécessaire

Cela dit, nous nous devons de faire le constat que nos beaux dimanches constituent un acquis de notre héritage catholique qui n’aurait jamais dû être abandonné. 

Le congé dominical que nous a donné le premier ministre François Legault aux débuts de la pandémie a fait du bien à tout le monde. Qui a eu cette mauvaise idée d’abolir cette mesure? 

Quoiqu’il en soit, nous nous devons de retrouver ce moment de répit, où les familles et les amis peuvent se réunir pour sortir du brouhaha du quotidien. Il serait beau de voir un engouement collectif pour le retour de ce congé dans la semaine où les gens s’efforcent de bien s’habiller et de décrocher des préoccupations de la vie courante. 

Nous pourrions y prendre l’occasion de retrouver une certaine idée de la civilisation, qui, quoiqu’on en dise, ne se résume pas à un PIB et à une force de compétition sur le marché mondial. C’est tout un art de vivre qui doit être redécouvert, non pas pour nous enfermer dans le passé, mais plutôt pour réactualiser un héritage qui mérite d’être transmis. 

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