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Allègements des mesures sanitaires: une heure de plus qui ne règle pas tout

La plupart des propriétaires de bars et de microbrasseries interrogés lundi étaient heureux des nouveaux assouplissements annoncés par le gouvernement Legault pour les heures de service d’alcool dès le 1er août. 

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Toutefois, plusieurs d’entre eux attendent toujours des actions d’Ottawa, notamment pour aider à contrer la pénurie de main-d’œuvre souvent reliée à la Prestation canadienne de la relance économique, qui fournit toujours une aide financière aux salariés et aux travailleurs autonomes.

Un pas qui rapproche de la normalité  

mondial de la bières - tour du québec

Photo d’archives

Pour Alexandre Caron, fier copropriétaire de la microbrasserie Ras L’Bock, à Saint-Jean-Port-Joli, cette heure de vente supplémentaire ne peut se refuser. 

« Tout ce qui nous rapproche de la normalité, ça change quelque chose et on va le prendre ! On n’a pas nécessairement le personnel pour le faire, mais j’ai moins d’impact parce que je ne suis pas une discothèque. Actuellement, je perds environ 10 % de ma journée en fermant plus tôt que 3 h du matin. J’ai une bonne clientèle l’après-midi et au 5 à 7. »

«De la politique » et un coup d’épée dans l’eau  

Corsaire

Photo d’archives

Depuis le début de la crise en mars 2020, Martin Vaillancourt, propriétaire de la microbrasserie Le Corsaire, à Lévis, a fréquemment dénoncé toutes les incongruités au sein de l’industrie des bars et microbrasseries. 

Cette fois encore, il affirme qu’il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau. 

 Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Pierre Thibault, président de la Nouvelle association des bars du Québec, sur QUB radio:  

«Ça ne sert absolument à rien. Quand les gens savent que la fermeture est à minuit, ils consomment avant. Ça ne vaut pas la peine d’étirer comme ça. Que le gouvernement nous laisse opérer jusqu’à 3 h du matin et on va s’organiser. Notre permis, on le paye pareil même si on se fait amputer nos heures. C’est juste de la politique pour faire plaisir à sa base. On ne devrait plus être en urgence sanitaire.»

Encore du personnel à trouver, la PCRE blâmée  

Brasserie Inox, Terrasses sur Grande Allee, Distanciation sociale, Quebec, 4 juillet 2020. Photo PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI

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Même si ces nouveaux assouplissements donnent un peu plus de latitude aux propriétaires, Philippe Desrosiers, propriétaire de la brasserie Inox, ne voit pas encore un retour à la vie normale. 

« On est contents, mais on est très loin de la réalité. Il nous manque encore deux heures. Au-delà de tout ça, il est temps que M. Trudeau enlève sa PCRE. C’est le plus gros dossier actuellement. On manque tellement d’employés. C’est partout. Pourquoi ? Ils ont encore 450 $ par semaine. C’est l’enfer. Je touche du bois, ça va bien dans mon commerce, mais j’ai moi aussi du personnel qui ne rentre pas au travail et je dois constamment m’adapter. Et le gouvernement annonce ça à la dernière minute. On ne fait pas les horaires aussi facilement. On fait des commandes de nourriture qui n’arrivent pas non plus par manque de personnel ailleurs. »

Une proposition impossible à refuser  

Du côté du bar sportif Vegas 2.0, à Québec, le propriétaire Richard Poulin accueille également avec joie cet assouplissement. 

« On est content. Une heure de plus de vente, on ne peut pas dire non. Sept heures par semaine, une trentaine pour le mois, ça fait 15 000 $. Ça ne me donne pas plus de personnel. Moi aussi je manque d’employés. Pour l’instant, je cherche un portier. Je suis le premier à critiquer toutes les mesures, mais on se dirige vers mieux. Ce n’est pas à ma vitesse, mais ce n’est pas moi qui contrôle. On se rapproche du 3 h, mais il va falloir réfléchir à notre heure de fermeture pour le futur. » 

Un peu plus de liberté « On va le prendre »  

Pour le président et copropriétaire de la microbrasserie Emporium, plusieurs clients ont pris l’habitude désormais d’arriver plus tôt. 

« C’est sûr qu’on va le prendre. C’est bien raisonnable. Ça va faire plaisir à plusieurs clients qui restent jusqu’à la fin et à qui on doit dire que c’est terminé. Pour eux, c’est un peu plus de liberté. On a vu les habitudes changer un peu avec des gens qui arrivent plus tôt. Sauf que c’est en lien avec les restrictions. Jusqu’à 3 h, on est limite dans le personnel comme à bien d’autres endroits ailleurs », explique Jean-François Simard, qui a ouvert son établissement dans le local de la défunte P’tite Grenouille à Charlesbourg, près du restaurant Chez Biceps BBQ. 

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