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La Russie bloque 49 sites internet liés à Navalny

La Russie a bloqué lundi presque 50 sites web liés à l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, au moment où les autorités accroissent leurs pressions contre l'opposition à l'approche des élections législatives de septembre.

• À lire aussi: Russie: un groupe d'avocats s'auto-dissout pour éviter des poursuites

Selon le gendarme de l'internet Roskomnadzor, l'accès aux sites du Fonds de lutte contre la corruption (FBK) de l'opposant et à ses bureaux régionaux a été restreint à la demande du Parquet russe.

«Les ressources Internet mentionnées sont utilisées pour la propagande et la poursuite des activités extrémistes interdites du FBK et des bureaux régionaux de Navalny», a précisé l'organisme dans un communiqué adressé à l'AFP.

Selon un des plus proches alliés d'Alexeï Navalny, Leonid Volkov, «49 (!) sites à la fois ont été bloqués».

Le FBK, connu pour ses enquêtes sur le train de vie et les malversations des élites russes, et les bureaux régionaux qui s'occupent d'organiser les manifestations et les campagnes électorales de l'opposant, avaient été déclarés en juin «extrémistes» par la justice russe.

Cette décision faisait suite à des mois de répression visant l'opposition, marquée par l'envoi d'Alexeï Navalny, 45 ans, en colonie pénitentiaire, l'exil de plusieurs cadres de son mouvement, mais aussi des mesures ciblant la presse indépendante et d'autres voix critiques.

Entraver les activités des partisans de Navalny

Selon M. Volkov, qui vit lui-même en exil en Lituanie, ces mesures visent à entraver davantage les activités des partisans de M. Navalny avant les élections législatives de septembre, sur fond d'impopularité croissante du parti au pouvoir Russie unie.

«Mais nous allons bientôt raconter comment l'on pourra contourner tout cela», a-t-il assuré.

«Ils ont décidé de nous nettoyer complètement de l'internet russe», a déclaré sur Twitter Maria Pevtchikh, responsable des enquêtes de FBK.

Léonid Volkov a ajouté que le seul site toujours accessible est celui consacré au «vote intelligent», technique promue par Alexeï Navalny consistant à apporter sa voix à tout candidat pouvant battre le parti au pouvoir, quelle que soit sa couleur politique.

Depuis le retour en Russie d'Alexeï Navalny en janvier 2021, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne où il se remettait d'un empoisonnement dont il accuse Vladimir Poutine, les autorités russes se sont lancées dans une large opération visant à faire taire toute voix critique.

Outre l'opposition, cette opération vise aussi les médias et les ONG. Plusieurs sites d'information ont été déclarés ces derniers mois «agents de l'étranger», entravant leur fonctionnement et forçant l'un d'eux, Vtimes, à fermer par crainte de poursuites judiciaires.

Un site d'investigation réputé, Proekt, a lui été déclaré «indésirable» par le ministère de la Justice, interdisant de facto ses activités.

Mi-juillet, le groupe d'avocats «Komanda 29», qui avait défendu les organisations d'Alexeï Navalny et défend plus généralement les Russes accusés de trahison ou d'espionnage, a annoncé son autodissolution, accusé d'être associé à une organisation tchèque «indésirable».

Samedi, c'est le candidat communiste à l'élection présidentielle de 2018, Pavel Groudinine, qui a été interdit de se présenter aux élections législatives, au motif qu'il détient des actions dans une entreprise étrangère.

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