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Des travailleurs agricoles guatémaltèques fuient vers les États-Unis

Des passeurs se sont présenté une nuit la semaine passée à la ferme maraîchère François Blouin, sur l’île d’Orléans, pour aider trois travailleurs d’origine guatémaltèque à fuir vers les États-Unis, un phénomène qui prend de plus en plus d’importance dans la région.

Des réseaux de passeurs ciblent des travailleurs étrangers pour leur faire franchir clandestinement la frontière américaine moyennant un prix de 5000 $ par personne.

Un phénomène qui a laissé bouche bée le propriétaire de la ferme où les trois travailleurs ont disparu.

«Sur les trois, j’ai deux de leurs frères qui restent à la ferme et qui n’étaient pas au courant de rien», s’est étonné François Blouin.

Quatre autres travailleurs employés aussi sur l’île d’Orléans ont fui à peu près au même moment.

Abandonnés à eux-mêmes, ils ont franchi la frontière à pied de nuit, dans un environnement plutôt inhospitalier.

Trois des quatre ont toutefois été rapidement interceptés de l’autre côté de la frontière par des policiers américains, le quatrième n’ayant pas été repéré.

«Ils ont traversé une montagne. Ils ont traversé une rivière quelque part. Ils se sont retrouvés du côté américain et c’est dans un petit village américain qu’ils ont été arrêtés», a relaté Michel Pilon, directeur général du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ).

Et ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit. En fin d’après-midi samedi, deux Guatémaltèques engagés sur une ferme de Bécancour ont eux aussi décidé de prendre la clé des champs et auraient pu suivre la même filière vers les États-Unis.

La Sûreté du Québec a été prévenue de ces désertions qui ne constituent pas un phénomène nouveau, mais qui s’amplifie, selon le (RATTMAQ). Au moins un cas semblable est maintenant signalé chaque semaine.

Des travailleurs guatémaltèques chercheraient ainsi à rejoindre des compatriotes ou de la famille dans le sud des États-Unis dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de travail et leur qualité de vie.

«Il y a beaucoup de motivation chez ces travailleurs-là principalement en raison du travail dur qu’ils font», a ajouté le représentant du RATTMAQ.

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