/regional/saguenay

Vague de démissions chez les infirmières: «La meilleure décision de ma vie»

Le réseau de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean doit composer avec une vague de démissions massive qui touche son personnel infirmier.

• À lire aussi: Hôpitaux: fermé pour l’été faute de personnel

• À lire aussi: Taux d’occupation à 200% : les urgences vivent le pire depuis des années

• À lire aussi: Débordement dans les urgences: «il n’y a plus personne qui sourit», dit le Dr Gilbert Boucher

Chaque jour, le syndicat reçoit des appels de ses membres qui s'informent de la procédure pour mettre fin à leur lien d'emploi.

«On en reçoit deux par jour en moyenne», a révélé la présidente régionale de la Fédération des infirmières, Julie Bouchard. «Au bout de la semaine, on peut présumer que trois ou quatre ont effectivement démissionné», a ajouté Mme Bouchard.

L'une de celles est qui ont démissionné depuis le début de l'année 2021 comptait 15 ans d'ancienneté dans les hôpitaux de Jonquière et Chicoutimi. Josée Brousseau s'est reclassée comme infirmière à la résidence pour personnes âgées Le Noble Âge de Jonquière.

«La meilleure décision de ma vie», dit-elle à TVA Nouvelles, lundi. «Même si on a beaucoup de patients, les conditions sont meilleures», a estimé la dame.

«Dans le public, on traîne les quarts de 16 heures consécutives, c'est la qualité de vie qui en souffre, la vie familiale, les enfants qu'on ne peut pas aller chercher à la garderie parce qu'on est retenu au travail avec le temps supplémentaire obligatoire», a-t-elle ajouté.

 Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Julie Bouchard, présidente régionale de la Fédération des infirmières du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur QUB radio:  

Le remplacement en période estivale a toujours causé des ennuis à l'administration de la santé. Au début juillet, un appel avait été lancé auprès des agences de placement pour s'enquérir de la disponibilité de la main d'œuvre.

«On ne peut pas dire que le CIUSSS fait preuve de laxisme», a concédé la représentante syndicale. «Mais c'est souvent une question de budget qui bloque les mesures incitatives.»

Pour attirer le personnel, le syndicat propose de rémunérer la formation des étudiants en soins infirmiers, inhalothérapie et perfusionniste afin d’éviter que les étudiants ne soient endettés comme c'est le cas pour certains actuellement.

Josée Brousseau pense autrement. «Si ma fille me disait qu'elle voulait devenir infirmière dans le réseau public, je la découragerais», a-t-elle avoué. «La profession a tellement changé depuis 15 ans», a précisé l’infirmiere.

La direction régionale de la santé n'a pas commenté la situation.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.