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Elle croise une scène d'accident sans savoir que son fils en est la victime

Nathalie Jean allait chercher son fils Christopher Guilbault, 16 ans, pour leur voyage de pêche en famille, quand elle a découvert que son garçon avait été happé mortellement en motocross.

Photo Jérémy Bernier

Nathalie Jean allait chercher son fils Christopher Guilbault, 16 ans, pour leur voyage de pêche en famille, quand elle a découvert que son garçon avait été happé mortellement en motocross.

Le voyage de pêche d’une famille de La Guadeloupe, en Beauce, a tourné au cauchemar hier matin, quand leur fils de 16 ans a perdu la vie au guidon de son motocross, après être allé reconduire sa copine avant le grand départ.

Vers 3 h, Nathalie Jean venait tout juste de se réveiller quand son fils est parti reconduire sa copine dans un camping à quelques pâtés de maisons de la demeure familiale.

Trente minutes plus tard, la famille devait partir pour un voyage de pêche mémorable. 

Christopher Guilbault n’était âgé que de 16 ans.

Photo courtoisie

Christopher Guilbault n’était âgé que de 16 ans.

«Il était sur le point de revenir à la maison quand je l’ai appelé pour lui dire de se dépêcher. Ce sont les derniers mots qu’on a échangés...», souffle péniblement Nathalie Jean, la mère de Christopher Guilbault. 

Le jeune homme de 16 ans n’est jamais rentré à la maison. Il circulait en motocross sur la route 269 quand un poids lourd qui venait en sens inverse et qui entamait un virage vers la 26e Avenue l’a percuté.  

N’ayant pas de phares sur sa moto, l’adolescent était complètement invisible pour le conducteur du camion. L’impact n’a laissé aucune chance à l’adolescent.

Le poids lourd qui a percuté Christopher ne l’a jamais­­­ vu.

Photo Jérémy Bernier

Le poids lourd qui a percuté Christopher ne l’a jamais­­­ vu.

Une exception 

Quelques minutes plus tard, n’ayant pas eu de nouvelles, Nathalie Jean a pris sa voiture pour aller le chercher.

Arrivée sur les lieux de l’accident, elle a demandé aux policiers de la laisser passer puisqu’elle devait se rendre au camping chercher son fils.  

La mère de famille n’a pas imaginé une seconde que la victime était son garçon, jusqu’à ce que la mine grave des policiers lui fasse réaliser le tragique événement.

Le vallon situé sur la route 269, près de la 26e Avenue, peut avoir joué un rôle dans l’accident, d’après des voisins.

Photo Jérémy Bernier

Le vallon situé sur la route 269, près de la 26e Avenue, peut avoir joué un rôle dans l’accident, d’après des voisins.

«Je revois les images dans ma tête, je n’ai même pas été capable de le regarder... On m’a dit qu’il n’avait pas souffert», relate Mme Jean, qui assure que son fils n’utilisait jamais sa moto la nuit, en raison de l’absence de phares. 

«Il n’a suffi que d’une exception, un trajet d’à peine 10 minutes aller-retour, pour que Christopher perde la vie. Son frère [de 15 ans] ne réalise pas encore qu’il ne le reverra plus...» 

La mère de la victime, Nathalie Jean (à droite), et sa conjointe, Annick Tremblay.

Photo Jérémy Bernier

La mère de la victime, Nathalie Jean (à droite), et sa conjointe, Annick Tremblay.

Pas de rancœur  

Loin d’en vouloir au conducteur du poids lourd qui a percuté le jeune motocycliste, Nathalie Jean affirme qu’il n’a rien à se reprocher dans cette triste histoire. 

«Ce n’était qu’un accident, mais si mon fils avait eu une lumière sur sa moto, ça lui aurait sauvé la vie», souligne-t-elle, précisant qu’il portait un casque.

Souhaitant éviter qu’un autre drame ne survienne, elle implore les autres amateurs de véhicules similaires à être plus visibles sur la route.


Il s’agit du deuxième accident mortel de motocross à survenir en moins de deux semaines en Chaudière-Appalaches. Un autre mineur a perdu la vie dans des circonstances similaires le 17 juillet, à Saint-Omer.

Un secteur dangereux, selon des voisins  

Le tronçon de route où a eu lieu la collision mortelle qui a coûté la vie à un jeune motocycliste de 16 ans, hier, à La Guadeloupe, est considéré comme dangereux par des voisins du secteur.

«J’empêche ma fille de passer par là quand elle prend son scooter. Elle doit faire le tour par d’autres rues, c’est trop dangereux», explique Geneviève, une citoyenne qui habite sur la 26e Avenue, près de la route 269. 

Non visible 

Le problème, c’est que la route forme un vallon, quelques mètres avant cette intersection, juste après le Camping le chevalier.

Il devient impossible pour les personnes qui se trouvent à l’intersection, en amont de celui-ci, de voir s’il y a quelqu’un qui s’y trouve. «Même s’il y a un Ford F-150 dans le “trou”, il est invisible», évoque la dame.

Plusieurs affirment être obligés d’arrêter plusieurs secondes à l’intersection, bien connue des citoyens du coin, pour éviter de frapper quelqu’un qui arrive en sens inverse.

«Grosse erreur» 

«Quand ils ont refait le pont, ils ont fait une grosse erreur. Ils auraient dû le relever d’un bon 4 pieds», affirme Daniel Lessard, un autre voisin de l’intersection. 

Pour lui et quelques autres citoyens rencontrés par Le Journal, il ne fait aucun doute que la façon dont la route a été construite a eu un rôle à jouer dans ce drame.

Et ce, même si l’absence de phares sur le motocross de Christopher Guilbault le rendait presque invisible dans la nuit.

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