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La population de cerfs explose dans un parc de la Rive-Sud

Le fameux troupeau de cerfs qui cause des ravages dans un parc de Longueuil ne cesse de croître, tandis que la Ville tergiverse toujours sur l’avenir des bêtes après avoir renoncé à en abattre une quinzaine l’an dernier.

« L’équilibre écologique n’est plus du tout là, ils broutent tout ce qui est à leur portée », constate à regret Yvan Landry, président des Amis du parc Michel-Chartrand, où vivent les cervidés.

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Et pour cause : les naissances de faons au printemps et la migration de certains cerfs ont fait bondir leur nombre.

Selon les observations des membres des Amis du parc et de l’organisation Sauvetage Animal Rescue, il y aurait maintenant de 50 à 70 cerfs, comparativement à une trentaine l’an dernier.

Des cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand de Longueuil.

Photo d'archives, Ben Pelosse

Des cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand de Longueuil.

Pour sa part, la Ville de Longueuil se contente d’indiquer avoir dénombré jusqu’à 138 cervidés lors d’un recensement aérien en mars, sur un territoire au nord de la route 116 qui comprend le parc Michel-Chartrand, mais aussi d’autres espaces verts avoisinants.

Espérant freiner leur prolifération, Longueuil avait donné le feu vert pour abattre une quinzaine d’entre eux, soit la moitié du troupeau du parc, en novembre dernier.

La Municipalité avait toutefois dû reculer face au tollé populaire soulevé par des citoyens horrifiés à l’idée que les cerfs de Virginie soient ainsi tués.

Sauvetage Animal Rescue avait ensuite suggéré de relocaliser les bêtes en surnombre, idée qui avait été rejetée par un comité d’éthique.

À la recherche de solutions  

Depuis, une table de concertation regroupant citoyens, experts, représentants de la Ville et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a été créée.

Ses membres se sont réunis à trois reprises depuis mai et doivent formuler des recommandations d’ici la fin de l’automne.

« On est juste en train de retarder le problème », peste Éric Dussault, directeur général de Sauvetage Animal Rescue.

L’organisation qu’il dirige préconise maintenant un strict contrôle des naissances, notamment grâce à la stérilisation des cerfs et un registre détaillé du cheptel.

« On est les seuls à lever la main pour proposer autre chose [que l’euthanasie des animaux]. Si on abandonne, le sort de ces cerfs-là est scellé », craint M. Dussault, qui espère faire une présentation à la table dans les prochaines semaines.

La Ville de Longueuil n’a pas donné de date butoir précise au comité, mais ses conclusions pourraient très bien être connues après les élections municipales de novembre prochain.

« L’hypothèse la plus probable est qu’on ne souhaite pas gagner ou perdre du capital électoral sur le dos des cerfs », estime Danielle Pilette, professeure à l’Université du Québec à Montréal.

Décision scientifique, pas politique  

L’experte en gouvernance municipale y voit une décision « sage », puisque la gestion de la faune ne fait pas vraiment partie des compétences des villes, contrairement à des enjeux sociaux ou économiques.

« [La question des cerfs] doit absolument ne pas être politisée et plutôt être replacée dans un contexte scientifique », insiste-t-elle.

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