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L’oreille aiguisée d’une tromboniste sauve une mère et sa fille de la noyade

Le musicien de l'Orchestre symphonique de Montréal est venu en aide à une petite fille et sa mère, qui étaient restées prisonnières des marées dans le fleuve Saint-Laurent, à l'Isle-aux-coudres.

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Le musicien de l'Orchestre symphonique de Montréal est venu en aide à une petite fille et sa mère, qui étaient restées prisonnières des marées dans le fleuve Saint-Laurent, à l'Isle-aux-coudres. Courtoisie Facebook

C’est grâce à l’oreille aiguisée et la vigilance d’une tromboniste professionnelle qu’une mère et sa fille ont été sauvées du fleuve in extremis lundi, à L’Isle-aux-Coudres. 

Lundi après-midi, Hélène Lemay travaillait à son ordinateur dans sa résidence en bordure du fleuve, lorsqu’elle a entendu des cris au loin. Elle croyait d’abord à des gens qui s’amusent, jusqu’à ce qu’elle entende «au secours!»  

«En me levant les yeux j’ai aperçu au loin, ces 2 petites silhouettes entourées d’eau, il ne restait que quelques mètres seulement de sable autour d’elles à ce moment [...] L’eau monte très rapidement surtout dans les grandes marées comme actuellement», mentionne la musicienne originaire de Montréal, qui habite présentement sa résidence secondaire sur l’île.  

Aussitôt, elle a contacté les services d’urgence et avertit son conjoint, qui s’est empressé d’enfourcher son kayak pour secourir la mère d’une quarantaine d’années et sa fille de 10 ans, coincées par la marée montante. 

«J’ai couru dans la vase et les roches jusqu’à l’eau, je n’avais pas le choix, c’était la seule façon de se rendre. Il y avait de très grosses vagues. L’eau rentrait dans le kayak», raconte humblement André Moisan, sans qui les deux personnes auraient vraisemblablement été emportées par le courant. 

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Après près de 1,5 km de pagaie intense, il a fait monter la femme et sa fille, qui étaient en état de choc, relate-t-il. «Elles ne m’ont même pas parlé. Elles pleuraient et tremblaient», dit celui qui est saxophoniste et clarinettiste à l’Orchestre symphonique de Montréal.  

Insouciance   

Malheureusement, de tels incidents ne sont pas des cas isolés à L’Isle-aux-Coudres, mentionne M. Moisan.  

«Elles se sont fait prendre parce qu’elles ne connaissent pas ça. Malheureusement, les gens ne s’informent pas. Il y a pourtant des pancartes qui disent que c’est défendu, mais les gens y vont pareil puisqu’ils voient des gens qui y vont aussi», dit-il. 

La semaine dernière, M. Moisan affirme avoir vu trois groupes de personnes surpris par les marées et revenir à la dernière minute, avec de l’eau aux genoux. «On klaxonne pour essayer de les avertir et leur dire de revenir, mais les gens ne font pas attention», se désole-t-il.  

Imprévisible et dangereux   

«Le message qu’il faut lancer c’est que c’est [le fleuve] imprévisible et dangereux», dit le bon samaritain. 

Les secouristes, qui sont des pompiers volontaires sur l’île, ont mis une quarantaine de minutes à arriver, selon le couple. Ils étaient équipés d’un zodiac à moteur, qu’ils n’ont pas pu mettre à l’eau, en raison de la marée. «Il fallait attendre que la marée soit haute, et il aurait été trop tard», explique M. Moisan. 

«J’ai dit aux sauveteurs, s’il y a quoi que ce soit, prenez mon kayak. Dorénavant, il va toujours rester sur le bord de l’eau», conclut-il, en affirmant qu’il continuera de s’entrainer à vélo et en kayak, dans le but de garder la forme pour être en mesure d’intervenir rapidement si une situation semblable devait se reproduire.  

Heureusement, la Sûreté du Québec a confirmé que personne n’avait été blessé au cours de l’intervention.  

– Avec la collaboration de Jean-François Racine

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