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Plus de meurtres et de haine au pays

Pistol's barrel

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Le taux de criminalité a diminué au Canada en 2020 grâce à la pandémie, mais la COVID-19 n’a pas empêché le nombre de meurtres et de crimes haineux de grimper en flèche, montrent des données dévoilées mardi par Statistique Canada.

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Au total, 743 meurtres ont été commis au Canada en 2020, soit 56 de plus que lors de l’année précédente. La pire tuerie de masse de l’histoire du pays, au cours de laquelle 22 personnes ont trouvé la mort en Nouvelle-Écosse, a certes contribué à cette importante hausse, mais n’explique pas entièrement le phénomène qui touche aussi les Prairies et le Québec.

Ce faisant, le Canada a cumulé 1,95 meurtre par 100 000 habitants, contre 1,83 par 100 000 habitants en 2019. Les provinces des Prairies et les territoires, exception faite du Yukon, dépassent de très loin la moyenne canadienne.

Bien qu’ils représentent à peine 5 % de la population, 201 autochtones ont été tués au cours de la dernière année, ce qui représente un taux d’homicide sept fois supérieur (10,05/100 000) au reste de la population (1,42/100 000).

Le Québec, province la plus sûre

Le Québec a aussi connu une année difficile avec 87 meurtres en 2002, soit 10 de plus qu’en 2019. La Belle Province se compare néanmoins avantageusement aux autres provinces avec un taux de 1,01 meurtre par 100 000 habitants, l’un des plus petits au pays derrière ceux du Yukon (aucun meurtre), de l’Île-du-Prince-Édouard (0,63/100 000) et de Terre-Neuve-et-Labrador (0,77/100 000).

La province peut aussi s’enorgueillir d’avoir le plus faible indice de gravité de la criminalité (IGC) au pays, un outil développé par Statistique Canada pour comparer la criminalité d’une province à l’autre.

Selon cet indice, l’IGC du Québec atteint 51,6 en baisse de 7 % par rapport à 2019. En comparaison, l’indice atteint 73,4 pour l’ensemble du pays (-8 %) et dépasse 100 dans les trois provinces des Prairies.

Les différents confinements et le nouveau mode de vie imposé par la pandémie expliquent en partie la diminution. Ainsi, des crimes comme les introductions par infractions (-16 %), les vols qualifiés (-18 %), les vols à l’étalage (-36 %) et les agressions sexuelles (-9 %) ont tous connu d’importants déclins avec les fermetures des commerces et les gens enfermés à la maison.

Dans le cas du Québec, la baisse de l’IGC s’explique par la diminution du nombre de vols et de crimes similaires, une réalité contrebalancée par la hausse du nombre d’homicides et de crimes impliquant des armes à feu.

La haine se répand

Autre conséquence de la pandémie, la haine a continué à se répandre, avec 2669 crimes haineux recensés d’un océan à l’autre, un nombre qui a grimpé de 37 %.

«Cette augmentation est en grande partie attribuable à une hausse du nombre de crimes haineux déclarés par la police à l’endroit des Noirs (+318 affaires ou +92 %), des Asiatiques de l’Est ou du Sud-Est (+202 affaires ou +301 %), des Autochtones (+44 affaires ou +152 %) et des Sud-Asiatiques (+38 affaires ou +47 %)», a noté Statistique Canada.

Plusieurs membres de communautés asiatiques ont témoigné dans les médias, en 2020, avoir été la cible de crimes haineux en lien avec la pandémie, originaire de Chine.

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