/news/law

Un flic jaloux et contrôlant a harcelé deux ex-conjointes

Décrit comme un individu contrôlant et jaloux, un policier de Trois-Rivières a plaidé coupable lundi d’avoir harcelé des ex-conjointes et d’avoir accédé aux bases de données policières à une vingtaine de reprises pour récolter des informations sur elles.

« Il n’aime pas qu’elle porte du parfum, du maquillage, des décolletés. Elle subit les critiques de l’accusé à cet égard. Lors de sorties, l’accusé est jaloux et reproche à [son ex-conjointe] lorsqu’elle rit trop, lorsqu’elle est trop proche physiquement d’autres hommes, lorsqu’elle a trop de plaisir », est-il écrit dans le résumé conjoint des faits admis par David Ross.

Le procès de celui qui est au service de la police de Trois-Rivières depuis 2002 devait s’amorcer cette semaine au palais de justice de Montréal, mais il a plutôt décidé de « régler ses dossiers », a indiqué son avocat, Me Denis Gallant.

Le policier de 44 ans s’est donc reconnu coupable de harcèlement criminel envers deux anciennes conjointes et d’avoir frauduleusement fait l’usage d’un ordinateur dans le cadre de ses fonctions, en faisant des recherches sur ces deux femmes ainsi qu’une troisième dans le Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ).

« Le party est fini »  

Ross a agi de la sorte avec une première copine au début des années 2000, pour ensuite répéter le même comportement troublant avec une seconde femme plus d’une décennie plus tard.

Il n’hésitait pas à empoigner les victimes par le bras lorsqu’il était mécontent, a-t-on appris lors de l’audience de lundi.

« À l’occasion, l’accusé frappe dans les murs, claque des portes, se frappe dans les mains et se tire les cheveux », a-t-on décrit.

Un soir, il a même « surgi » au party de Noël d’une de ses ex et a tenté de l’obliger à partir. « Le party est fini », lui a-t-il lancé, la prenant par le bras pour qu’elle le suive.

Des collègues de la femme se sont toutefois interposés. Celle-ci a décidé de rompre avec lui, mais Ross a été incapable de l’accepter, allant jusqu’à s’accrocher à elle et à la «tenir par une jambe». Elle a dû se résoudre à déménager.

Selon le résumé fait au juge André Perreault, «[la dame] reçoit plusieurs appels téléphoniques de l’accusé. Il lui demande pourquoi elle n’est pas chez elle. [Elle] n’a jamais donné sa nouvelle adresse».

Même en service  

Le policier s’est aussi présenté à la résidence du nouveau conjoint de son ex à une occasion. Et il n’hésitait pas à passer devant l’endroit avec son autopatrouille lorsqu’il était en service.

Dans le cas d’une autre victime, Ross a supprimé des amis du compte Facebook de sa fréquentation. «L’accusé n’aime pas qu’elle ait des amitiés masculines. Il est jaloux. [...] Il lui demande de se changer lorsqu’il trouve que les jupes sont trop courtes ou qu’elle est trop chic», a-t-on relaté.

Un soir, un conflit a éclaté et la femme « revole » sur le divan, après s’être fait pousser. La relation s’est terminée, mais Ross se montrait « insistant » pour que son ex reprenne contact avec lui.

À une vingtaine de reprises entre 2013 et 2018, le policier a utilisé le CRPQ pour son «propre bénéfice», afin d’obtenir des informations sur trois anciennes conjointes.

Alors que son casier criminel pourrait lui valoir d’être destitué, la Ville et la Police de Trois-Rivières n’ont pas voulu commenter l’affaire, lundi.


Les représentations sur la peine de David Ross auront lieu le 1er décembre.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.