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Le père Pilon écope de 42 mois de détention

Un prêtre pédophile a écopé de trois ans et demi d’emprisonnement après s'être reconnu coupable de gestes de grossière indécence. Ces gestes ont été commis dans les années 1980 à l'endroit d'une douzaine de victimes, qui étaient pensionnaires au Collège Bourget, en Montérégie.

Jean Pilon, de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur, a plaidé coupable ce matin à 12 chefs d’accusation au palais de justice de Valleyfield. Il a fait une douzaine de victimes. 

Le professeur de pastorale déchu, âgé de 79 ans, a pris le chemin du pénitencier sous le regard attentif de 11 de ses victimes, qui étaient présentes dans la salle d'audience. Neuf d’entre elles ont d’ailleurs livré un poignant témoignage avant que le juge n'entérine la suggestion commune de la Couronne et de la défense.

«À la suite de ces agressions, je n’en ai parlé à personne [pendant 33 ans]. Ma dignité était à son plus bas. C’est un combat de tous les jours, d’évacuer ces émotions malsaines», a dit le survivant Brian Ford, qui a fait lever l’ordonnance de non-publication concernant son identité. 

Rappelons que la Sûreté du Québec avait arrêté Pilon et quatre autres membres de la congrégation à la Maison des Clercs de Saint-Viateur, à Joliette, en juin 2020. Il s’agit d’une résidence où habitent les prêtres et les frères à la retraite.

Des témoignages touchants          

Mercredi matin, le juge entendait des témoignages des victimes dans une salle comble. Plusieurs personnes étaient émotives et plusieurs pleuraient. 

Certaines personnes disent avoir vécu de l'anxiété, de la dépression, et des abus de substances comme l'alcool. 

Ce ne sont pas toutes les victimes qui souhaitaient prendre la parole. 

Devant les témoignages des victimes, Jean Pilon est resté de glace. 

Il y a une ordonnance pour qu'on ne puisse pas divulguer l'identité des victimes, sauf pour une personne, Brian Ford. 

Ce dernier représente le recours collectif qui a été entamé en décembre 2017 contre les Clercs de Saint-Viateur.

«C'est le début de la guérison. Ça fait un baume sur notre plaie. La cicatrice sera toujours présente, mais c'est le début», dit M. Ford. «Je voudrais lancer le message aux autres victimes de trouver le courage, de ne pas hésiter à porter plainte. On aurait voulu une sentence plus grande, mais vu les circonstances des négociations, on est satisfaits.» 

Depuis 2018, 350 personnes se sont jointes à ce recours collectif. De ces 350 victimes, il y a en 58 qui sont liées au père Jean Pilon. 

L'avocat du recours collectif a dit qu'en septembre prochain, il pourrait y avoir une entente. 

Une autre victime du père Pilon a témoigné sous le couvert de l'anonymat. 

«C'est clair que ça aurait pris 100 ans, moi personnellement ça fait 35 ans que je suis en prison dans ma tête», dit-il. «Je ne dors pas la lumière fermée, je garde tout ça pour moi, la honte que j'ai, l'angoisse que je peux avoir.» 

M. Pilon a été arrêté en juin 2020 par la Sûreté du Québec pour ensuite être remis en liberté. Il était alors âgé de 78 ans. 

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