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Sherbrooke: des familles toujours sans logis lancent un cri du coeur

Une quarantaine de ménages est toujours à la rue à Sherbrooke, en Estrie, près d'un mois après la journée des déménagements.

C'est cependant 20 de moins qu'au 1er juillet.

Parmi ces familles, 14 comptent 3 enfants et plus. Frédéric fait partie de la statistique. Le père monoparental et ses 3 enfants de moins de 10 ans dorment dans le salon chez sa mère, qui possède une maison d'une chambre. Il cherche un logement décent depuis plus d'un mois, mais sans succès.

«Les propriétaires font des ventes aux enchères», a dénoncé le père de famille. «Hier j'ai appelé pour louer un 5 1/2 et il fallait que je donne un gros montant. Le propriétaire me disait que certains étaient prêts à offrir jusqu'au 1400$ par mois puisqu'ils recevaient une aide du gouvernement. Si je voulais le logement, je devais donner plus que tout le monde finalement», a-t-il confié à TVA Nouvelles, mercredi.

Surenchère et discrimination au menu

En plus d'être victime de la surenchère, Frédéric subit aussi de la discrimination. «Je me suis fait demander si j'étais un motard parce que j'avais des tatouages donc ils ne tripaient pas non plus. Mais la plupart du temps, c'est vraiment à cause de mes enfants. On me le dit ouvertement qu'on aime mieux avoir des personnes âgées que des enfants parce que les enfants, ça fait plus de bruit», a ajouté l’homme.

La spéculation immobilière joue un grand rôle dans la crise du logement actuelle. Selon une récente étude du Regroupement des comités de logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) le coût des logements à louer a augmenté de 16% entre 2020 et 2021.

En ce moment, 800 personnes sont inscrites sur une liste d'attente pour obtenir un logement à prix modique à Sherbrooke.

Ce n'est pas d'hier qu'il manque de logements abordables. Maureen Marchand s'est retrouvée à la rue avec son enfant, il y a plus de 30 ans. Elle est outrée de voir qu'en 2021, la crise du logement s'est empirée. Elle demande au gouvernement d'en faire plus.

«C'est décourageant parce qu'il ne veut pas voir, il ne veut pas savoir, mais c'est la vérité, ça existe. Comment es-tu capable de n'avoir aucune compassion pour ces gens? Comment peut-on laisser les gens dans la rue avec des enfants», s’est-elle questionnée.

Une Commission d'enquête demandée

L'Association des locataires de Sherbrooke a réclamé une commission d'enquête publique indépendante itinérante.

«On veut qu'elle produise un rapport sur l'augmentation du nombre de locataires à risque d'itinérance, l'augmentation substantielle des coûts du logement, les pratiques frauduleuses du marché locatif privé et les effets de la marchandisation du logement locatif sur l'accessibilité à un logement décent à un coût accessible», a déclaré sa porte-parole, Célia-Félixe Dagenais.

Une pétition en ce sens circulera d'ici les prochaines élections fédérales.

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