/finance/consumer

Incapable de trouver un emploi, il est forcé de déclarer faillite

Bankrupt businessman falling off a cliff, pushed by downward arrow. Symbol of bankruptcy, failure, recession, crisis and financial losses on stock exchange market.

Illustration Adobe Stock

Pierre-Yves a 63 ans. Il reçoit ses prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ), mais celles-ci ne lui permettent pas de joindre les deux bouts. Il cherche activement un emploi depuis plusieurs mois, mais sans succès.

Avec 900 $ du RRQ et 250 $ provenant du fonds de retraite d’un ancien employeur, Pierre-Yves ne peut compter que sur 1150 $ par mois. De petits revenus qui le placent sous le seuil de la pauvreté. Comme il a moins de 65 ans, il n’a pas encore l’âge requis pour réclamer la pension de la Sécurité de la vieillesse. 

Par conséquent, il doit absolument dénicher un emploi pour arrondir ses fins de mois. Mais les employeurs ne se bousculent pas pour retenir ses services. Compte tenu du fait qu’il est près de l’âge de la retraite, la plupart ne sont pas intéressés par son profil. Pour mieux faire mousser sa candidature, Pierre-Yves a sollicité l’appui d’Emploi-Québec. On l’a aidé à préparer son CV et à faire le point sur ses atouts professionnels. Malgré tout, personne ne semble vouloir l’embaucher.

Peu d’options dans sa situation 

Or, le temps presse, car Pierre-Yves a accumulé un solde de 25 000 $ sur ses cartes de crédit, ce qui représente des paiements minimaux de 750 $ par mois. Une somme énorme pour son petit budget. Pour pouvoir continuer à faire face à ses obligations, il a quitté son appartement et il partage un logement avec un membre de sa famille, mais cela ne suffit pas pour reprendre le dessus sur ses difficultés financières. Il se décide donc à consulter un expert en insolvabilité.

En effectuant l’analyse de sa situation, Sabrina Fortin, conseillère principale en redressement financier chez Raymond Chabot, a rapidement constaté que peu de pistes de solution sont envisageables. 

« Il ne possède aucun actif hormis son fonds de retraite immobilisé de 20 000 $. Le décaissement de celui-ci est imposable, et ne lui laisserait même pas suffisamment d’argent pour rembourser ses créanciers », explique-t-elle. Elle constate aussi que même s’il a tout fait pour réduire ses dépenses, l’homme de 63 ans ne dispose pas de la marge de manœuvre nécessaire pour rembourser ses cartes de crédit. 

Une deuxième faillite 

La proposition de consommateur est l’une des pistes envisagées pour Pierre-Yves. Mais compte tenu de la faiblesse de ses revenus, il n’a pas les moyens d’offrir des remboursements mensuels suffisamment élevés pour pouvoir satisfaire ses créanciers.

Il ne lui reste plus que l’option de la faillite. Celle-ci lui permettra de liquider totalement ses dettes de cartes de crédit. En revanche, puisqu’il a déjà fait une première faillite en 2006 et que celle-ci constituera donc la seconde, les règles à respecter sont un peu plus sévères. Ainsi, il devra verser un montant au syndic durant une période de 24 mois au lieu de neuf avant de se libérer de ses dettes. De plus, cela demeurera inscrit à son dossier de crédit durant 14 ans, au lieu de six dans le cas d’une première faillite. 

« Son crédit sera donc affecté durant cette période, mais Pierre-Yves n’a pas l’intention d’acheter des biens à crédit à l’avenir », indique Sabrina Fortin. Au contraire, il est soulagé de pouvoir en finir avec son endettement et de renouer avec un relatif équilibre financier malgré ses maigres revenus. 


Sa situation financière  

Actifs : 

Compte de retraite immobilisé : 20 000 $ 

Meubles et effets personnels : valeur inférieure à 7000 $ 

Dettes de consommation : 

Cartes de crédit : 25 000 $ 

Revenus mensuels 

RRQ : 900 $ 

Régime de retraite : 250 $  

Total des revenus : 1150 $ 

Dépenses mensuelles 

(incluant loyer, téléphone, transport en commun, épicerie, médicaments, etc.) : 2530 $  

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.