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Le corps d'une femme mis aux déchets par les services d'urgence

Le corps d’une personne qui se serait immolée par le feu a été placé dans un conteneur à déchets du Service de police de la Ville de Sherbrooke (SPS) par les intervenants d’urgence qui croyaient qu’il s’agissait plutôt d’un mannequin en silicone.  

La dépouille d'une femme de 64 ans a donc passé huit heures dans le conteneur.

Les pompiers ont d’abord été appelés à intervenir sur un incendie qui s’était déclaré dans un boisé, le 23 juillet, vers 10h04. 

À l’arrivée des pompiers sur les lieux, sur la rue Cabana, des témoins expliquent qu’une personne est venue brûler une mannequin en silicone. Vers 10h15, les pompiers demandent l’assistance des policiers. 

«Quelques minutes plus tard, les policiers de Sherbrooke rencontrent les pompiers sur place. Ces derniers ont rencontré les témoins et mentionnent qu’un résidu issu d’un incendie qui s’apparente à un mannequin est incendié en bordure du bois. Après discussion entre les deux services, il est convenu que le mannequin sera déposé dans le conteneur au service de police, qui lui est non-accessible au public», a expliqué en point de presse Danny McConnell, chef du Service de police de Sherbrooke. 

Le prétendu mannequin est déposé vers 10h45 dans le conteneur par les pompiers.

Disparition         

Quatre heures plus tard, vers 14h15, un homme signale la disparition de sa conjointe. Une enquête est déclenchée et grâce aux signaux cellulaire, la voiture de la disparue est retrouvée non loin du boisé où l’incendie s’est déclaré plus tôt.

«Les policiers tentent de faire des liens avec les deux événements. Toutes les avenues sont possibles. Et vers 18h30 la décision est prise d’aller récupérer le prétendu mannequin pour voir s’il n’apportait pas d’éléments à la recherche», a ajouté Danny McConnell. 

Les policiers constatent à ce moment qu’il s’agit du corps de la disparue. 

L'enquête policière a d'ailleurs conclu hors de tout doute que la femme s'était enlevé la vie en s'immolant par le feu.

Des fleurs ont été déposées à l'endroit où son corps a été retrouvé. Plusieurs personnes sont venues s'y recueillir, dont le conjoint de la dame. Ce dernier a confié à TVA Nouvelles qu'il ne s'expliquait tout simplement pas comment les pompiers ont pu confondre une dépouille avec un mannequin. Il juge par ailleur inadmissible que les autorités n'aient pas présenté d'excuses privées et publiques.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) et le directeur des poursuites criminelles et pénales ont été interpellés dans ce dossier. 

Le BEI devra toutefois attendre que la ministre de la Sécurité publique lui confie le mandat avant d'enquêter sur cette affaire.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

«Nous sommes désolés de cette situation. [...] Le service de police de Sherbrooke est de tout cœur avec la famille», a ajouté le chef du corps policier. 

Réaction des pompiers         

Le directeur du Service de protection contre les incendies de la Ville de Sherbrooke. Stéphane Simoneau, s’est dit troublé par cette affaire, et a assuré qu’il voulait faire la lumière sur les événements troublants. 

«Je m’engage à faire la lumière sur cette intervention qui est pour le moins inusitée, peut-être choquante, mais nous allons faire la lumière sur les éléments qui nous seront dévoilés dans les prochaines semaines», a-t-il déclaré. 

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