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Mauvais choix du Canadien: réparer plutôt que de s'excuser

Lors du dernier repêchage, le Canadien de Montréal a fait un choix en priorisant les valeurs hockey plutôt que les valeurs éthiques, comme le respect des autres. 

Ce qui me frappe, dans la controverse actuelle, c’est l’acharnement sur le jeune joueur de hockey Logan Mailloux, qui a publié et distribué une photo intime à ses copains, sans penser aux conséquences pour la victime. Car il s’agit bien d’une faute grave pour l’atteinte à la réputation et d'un manquement aux valeurs de respect de la personne, cette fois-ci une jeune fille photographiée en plein ébat sexuel contre son gré.

Personne ne semble se préoccuper du traumatisme que représente la perte de dignité de l’intimité d’une personne. Faut-il s’en étonner? Non, pas vraiment, car je constate de plus en plus l’absence de modèle masculin non seulement dans notre société, mais aussi chez de nombreux jeunes joueurs de hockey. L’organisation du Canadien de Montréal, même en s’excusant comme elle vient de le faire, en est une démonstration éloquente. Sa réputation est entachée et cela aura un coût économique et social pour la notoriété du célèbre club de hockey.

Un code d’éthique

Maintenant, comment réparer et éviter qu’une telle situation se reproduise? En gestion de crise et en gestion de réputation, mieux vaut prévenir que guérir. En premier lieu, la Ligue nationale de hockey (LNH) a la responsabilité d’encadrer ses équipes, afin d’éviter que l’affaire Logan se reproduise.

Pour y parvenir, elle devrait adopter un code d’éthique contraignant ayant une portée plus que symbolique ou morale, qui servirait de guide à toutes les équipes de la LNH. Ainsi, à titre d’exemple, tout joueur reconnu coupable par un tribunal d’agression sexuelle serait automatiquement suspendu sans salaire pour une période minimale d’un an, en plus de contribuer à un montant d’argent important venant en aide aux victimes d’agression sexuelle.

Autrement dit, c’est tolérance zéro pour les clubs de la LNH. Quant aux jeunes joueurs, ils ne seraient pas admissibles à un repêchage avant un an de carence. Tous les joueurs pris en faute devraient faire une thérapie obligatoire et feraient l’objet d’une évaluation continue avant la réintégration dans une équipe professionnelle.

Un signal plus fort

Avouer une faute est une chose, la regretter est une autre étape, mais la réparer envoie un signal plus fort. 

L’Organisation du Canadien devrait faire amende honorable en refusant finalement de recruter le joueur fautif et en demandant au Conseil des gouverneurs de la LNH d’adopter un code d’éthique «robuste» afin de dissuader d’autres joueurs d’avoir des écarts de conduite hors de la patinoire. Il faut faire un «échec avant» aux agressions sexuelles dans le monde du hockey professionnel afin qu’émerge enfin un modèle masculin auprès des jeunes sportifs.

Jean Baillargeon, expert-conseil en communication stratégique

Québec

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