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Mettre un terme aux permis de travail fermés pour éviter les déserteurs

Pour endiguer la vague de travailleurs qui quittent illégalement leur emploi, plusieurs organismes qui luttent pour le droit des travailleurs étrangers demandent la fin des permis de travail fermés, qui les lient avec leurs employeurs.

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Alors que certains migrants prennent la clé des champs pour tenter de vivre le rêve américain, d'autres tentent simplement de fuir des conditions de vie jugées dangereuses.

«Cette année on a aidé 32 travailleurs étrangers à quitter leur emploi. On voit de tout, du non-respect de la loi sur les normes du travail, non-paiement des jours fériés, non-paiement des vacances, on a du harcèlement psychologique, du harcèlement sexuel même. Nous on pense que c'est une forme d'esclavagisme moderne», a raconté Véronique Tessier coordinatrice régionale du Réseau d'aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec.

L’organisme demande la fin des permis de travail fermés. «Lorsqu'un travailleur arrive, il n'a le droit de travailler que pour l'employeur qui l'a fait venir», a-t-elle expliqué.

Cette façon de faire, donnerait selon Mme Tessier, trop de pouvoir aux employeurs.
«La peur de dénoncer est généralisée chez cette main-d'œuvre-là, car la conséquence ultime est d'être retourné dans leur pays», a-t-elle dit.

Selon le Réseau d'aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec, en pleine pénurie de main-d'œuvre, plusieurs travailleurs choisissent donc de quitter illégalement leur emploi pour tenter de trouver un travail qui offre de meilleures conditions. Mais déserter un emploi (même si celui-ci offre des conditions de vie exécrables), fait des travailleurs des citoyens illégaux.

Des discussions avec le fédéral sont en cours, et d'autres avenues sont envisagées. «On pense à des permis sectoriels. Qui permettrait au travailleur de rester dans l'industrie agricole, mais de changer d'employeur si ces droits ne sont pas respectés», a expliqué Mme Tessier.

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