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Les frères de l'ado kidnappée passeront le week-end en prison

Dans une demande plutôt rare, une juge a exigé plus d’informations avant de libérer ou non l’un des frères aînés de l’adolescente de 16 ans qui a été kidnappée lundi soir à Montréal puisque le dossier comporte plusieurs «sensibilités culturelles». 

«Je veux plus d’informations. Il s’agit d’un dossier singulier avec toute une toile de fond sociétale et culturelle. J’ai aussi le devoir de protéger une jeune fille de 16 ans», a déclaré la juge Joëlle Roy. 

Cette dernière affirme qu’elle aimerait, entre autres, consulter les déclarations faites aux policiers par le père, la mère et la jeune fille de 16 ans, avant de trancher. «Je ne sais même pas si la DPJ est impliquée», a laissé tomber la juge. 

«On peut dire que c’est une demande qui est très peu fréquente. Mais il manque plusieurs pièces du puzzle dans ce dossier en ce moment avant lui accorder ou non la liberté», confirme Me Audrey Roy-Cloutier, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). 

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En tout, trois hommes de 21 et 22 ans ont été arrêtés mardi, peu de temps après le déclenchement d’une alerte Amber pour retrouver une ado de 16 ans enlevée. On ne peut les identifier en raison d’un interdit de publication visant à protéger l’identité de la victime.

Le trio est maintenant accusé d’enlèvement et de séquestration. Mais les deux frères de l’ado de 16 ans font face à des chefs supplémentaires, soit menaces de causer la mort ou des lésions, méfaits et voies de fait contre leur sœur ainsi que sur un employé du restaurant qui a tenté de la défendre.

«Dossier particulier» 

Seul le frère de 21 ans avait annoncé son intention de procéder à son enquête sur remise en liberté, qui s’est tenue jeudi. On y a appris davantage sur les circonstances troublantes derrière l’enlèvement de l’adolescente ainsi que sur le climat familial autoritaire qui régnait chez elle.

Selon le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard, la jeune fille vivait sous le joug de sa famille. Celle-ci contrôlait plusieurs aspects de sa vie, de son cellulaire jusqu’à son habillement.

« Elle doit donner son argent à [son frère]. Elle ne peut avoir d’amis, elle ne peut vapoter, elle ne peut s’habiller de façon à laisser entrevoir ses formes. Ses frères contrôlent ses textos et on lui a coupé le Wi-Fi de sa résidence, ce qui lui a causé des échecs scolaires », avait résumé en cour Me Ménard.

Étant donné que la juge demande des preuves supplémentaires dans cette affaire, les enquêtes sur remise en liberté des trois hommes auront finalement toutes lieu mercredi au palais de justice de Montréal. En attendant, les kidnappeurs présumés resteront derrière les barreaux. 

«C’est un dossier particulier. Je veux vraiment avoir une vue d’ensemble avant de me prononcer», a insisté la juge. 

Avec la collaboration d'Antoine Lacroix