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Rugby Canada congédie un entraîneur à la suite de propos haineux

Capture d'écran Twitter

Rugby Canada n’a pas toléré les propos haineux émis par l’un de ses membres, soit l’instructeur Jamie Cudmore, et a décidé de le limoger, vendredi.

L’ancien joueur, qui agissait désormais à titre d’entraîneur-adjoint au sein de l’équipe masculine canadienne de rugby à 15, en plus d’être à la tête du programme de développement au niveau national, s’en est pris à l’équipe féminine canadienne de rugby à sept après que cette dernière eut échoué dans sa tentative de qualification pour les quarts de finale, au Japon.

Dans une série de messages rédigés sur son compte Twitter, et retirés depuis, Cudmore n’a pas été tendre envers les représentantes de l’unifolié, qui défendaient leur médaille de bronze gagnée au Brésil, en 2016.

«Nous abordons ce sujet avec beaucoup de sérieux et avons conclu que des actions immédiates devaient être prises», a indiqué le président-directeur général de Rugby Canada, Allan Vansen, par voie de communiqué.

«Les valeurs fondamentales de Rugby Canada, comme l’intégrité et le respect, doivent être partagées dans tous nos programmes et nous sommes déterminés par le fait de vouloir promouvoir une culture saine et inclusive, dans le présent et dans le futur», a ajouté la présidente du conseil d’administration, Sally Dennis.

Quelques heures après avoir émis et retiré ses propos, Cudmore est retourné sur la plateforme pour y présenter ses excuses.

«J’aimerais m’excuser pour mes tweets d’hier soir [jeudi], a d’abord mentionné l’homme de 42 ans. C’était un événement émotionnel pour un bon ami et j’ai laissé la situation prendre le dessus sur moi. J’ai toujours joué/entraîné avec le cœur sur la main pour ce pays. Je suis désolé si j’ai pu offenser quelqu’un.»

Un geste dénoncé par les joueuses

Les membres de l’équipe féminine ont été nombreuses à critiquer le sort qui leur a été réservé par Cudmore. Charity Williams, l’une des athlètes concernées, a d’ailleurs utilisé sa plateforme Instagram pour dénoncer le tout.

Dans sa publication, elle a partagé une capture d’écran dans laquelle plusieurs des tweets de Cudmore sont révélés.

«Je voulais prendre un moment pour parler de notre performance et surtout de ma fierté envers cette équipe, peu importe le résultat. Ce que nous avons accompli cette année est bien plus grand qu’une simple fin de semaine», a-t-elle mentionné, dans la légende, en faisant référence à une plainte déposée en janvier dernier par plusieurs anciennes et actuelles membres de l’équipe, dénonçant le climat de travail toxique dans lequel elles ont été les victimes de harcèlement et d’abus psychologique.

Elle a ajouté que «les jeunes filles de partout au Canada pourront pratiquer ce sport tout en se sentant en sécurité».

Les résultats de l’enquête mentionnaient que malgré l’expérience vécue par les 37 signataires de la plainte, la politique d’harcèlement de Rugby Canada n’avait pas été enfreinte. L’entraîneur-chef John Tait avait tout de même remis sa démission à la suite de l’examen, en avril.

«Mais au lieu de ça, je dois m’asseoir de nouveau pour vous partager ce que nous avons vécu en tant qu’équipe, a résumé Williams, dans sa publication. La haine constante que nous avons reçue de la part d’individus au sein même de notre organisation. Je le partage parce que ça fait des mois que nous devons vivre avec ça. Que ce soit en messages textes ou en se faisant épier sur les réseaux sociaux et en personne, le harcèlement auquel nous faisons face fait parfois peur. Voici la raison pour laquelle nous voulions une enquête interne, parce que nous n’étions pas en sécurité.»

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