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«Un corps humain brûlé, c’est facile à reconnaître», selon un formateur de pompiers

Comment se fait-il que des pompiers ont choisi de jeter un corps à la poubelle, croyant qu’il s’agissait un simple mannequin en silicone, sans faire certaines vérifications avant de procéder?

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C’est la question qui brûle les lèvres de nombreux intervenants et spécialistes, après qu’une dame dans la soixantaine qui s’était immolée par le feu eut été jetée dans le conteneur à déchets de la police de Sherbrooke, vendredi dernier. 

En entrevue à LCN, Michel Ouellette, instructeur à l’École nationale des pompiers, le confirme : le corps d’une personne brûlée présente un aspect bien particulier. 

«Un corps humain qui a brûlé, il y a des odeurs, il y a une texture, donc c’est un peu difficile de confondre un objet d’un corps humain. Il y a la question des circonstances entourant tout cela, mais normalement, c’est assez facile à reconnaître», explique-t-il en entrevue à l’émission 100% Nouvelles.

De plus, certaines parties ne brûlent tout simplement pas, «à moins d’être dans un four crématoire». Il devient donc ainsi difficile de ne pas faire la différence.

«Les os, les dents, plusieurs parties du corps humain ne brûlent pas», précise le formateur qui se demande comment une telle mégarde a pu se produire. 

Par ailleurs, avant de déplacer un corps, ou ce qui peut avoir l’apparence d’un corps, les pompiers doivent normalement faire appel aux paramédics.

«À partir du moment où il y a un corps, les pompiers sont là en assistance aux policiers et aux paramédics. Donc, c’est l’affaire des paramédics de venir sur place, les pompiers seront là en attendant pour prodiguer les premiers soins si c’est requis. Les paramédics vont devoir procéder avec leur protocole. Le transport se fait par ambulance ou par le bureau du coroner si le décès est constaté sur place», détaille M. Ouellette. 

Ainsi, les pompiers dans le cas de la découverte d’un corps ne sont habituellement pas impliqués, mais plutôt en soutien aux autres services d’urgence. 

Dans le cas d’un incendie suspect, les pompiers sont en droit de déplacer des objets, non pas des corps, mais pour des fins d’enquête. 

Encore là, le formateur se questionne sur le déplacement du corps que l’on croyait être un mannequin.

«C’est fréquent d’avoir à déplacer des objets pour éviter la réignition. On va les sortir à l’extérieur, mais on ne les transporte pas plus loin. [Dans le cas d’incendie], ça appartient au propriétaire. Donc c’est plutôt rare que les pompiers vont transporter des objets ailleurs, sauf pour des fins d’expertise», relate Michel Ouellette. 

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.***

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