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Des militants exhortent les municipalités à réduire l’usage des pesticides

L’organisme à but non lucratif Vigilance OGM interpelle les élus municipaux du Québec à diminuer l’usage des pesticides en installant quelque 500 drapeaux blancs au parc Bernard Landry, à Laval.

Symbolisant les insignes habituellement placés dans le sol lors d’épandage de pesticides, ces drapeaux permettent à Vigilance OGM d’«offrir [ses] compliments» à la Ville de Laval pour avoir interdit l’usage des pesticides sur son territoire, mais visent aussi à lancer un message aux municipalités qui n’ont pas suivi le pas.

«On demande qu’on arrête d’utiliser à des fins esthétiques des pesticides dans nos parcs et jardins sur les territoires municipaux. Laval a les mêmes enjeux que les municipalités au Québec, alors il n’y a pas de raison [qu’elles n’agissent pas] là-dessus», a indiqué Laure Malibeau, responsable de la campagne «Sortir du glyphosate» à Vigilance OGM, en entrevue à l’Agence QMI.

PHOTOS ANDREA LUBECK/ AGENCE QMI

«Je veux lancer un message aux autres maires, mairesses et candidats à la mairie des autres villes du Québec: prenez cet engagement-là. D’une part, c’est une question environnementale, pour avoir un milieu de vie plus sain, préserver la faune, la flore, la biodiversité. Mais c’est aussi, surtout, une question de santé humaine, de santé de la population», a lancé Stéphane Boyer, maire suppléant et candidat à la mairie de Laval, en conférence de presse.

Vigilance OGM propose un règlement type sur son site web que les municipalités peuvent adapter et utiliser pour restreindre l’utilisation des pesticides à des fins esthétiques sur leur territoire. Pour Laure Malibeau, c’est aussi un outil destiné aux citoyens afin qu’ils fassent pression sur leurs élus au palier municipal.

Une première étape 

Si les citoyens et la Ville de Laval ne peuvent plus en épandre pour des raisons esthétiques, les secteurs agricole et horticole sont cependant exclus de la réglementation.

Selon Stéphane Boyer, c’est la première étape pour se sortir des pesticides. Bien que le maire suppléant n’ait pas de plan ni d’échéance précise, il affirme vouloir travailler avec les agriculteurs pour changer leurs pratiques afin de réduire, voire éliminer, leur utilisation des pesticides.

«[Ces produits] ont permis d’avoir des rendements agricoles plus élevés, d’abaisser le coût de l’alimentation et de faire certaines avancées. Mais on n’est plus dans les années soixante, on est rendu beaucoup plus loin. Il y a de nouvelles pratiques qui existent, des nouvelles technologiques qui existent qui permettent de faire de l’agriculture beaucoup plus saine avec moins de produits chimiques tout en préservant une bonne qualité des aliments», a-t-il ajouté.

Lien entre pesticides et maladies graves 

Cette action survient après qu’Ottawa envisage d’autoriser l’augmentation du seuil maximal de résidus de glyphosate permis pour les haricots et les pois. Santé Canada propose ainsi de rehausser la limite de 4 à 15 parties par million (ppm) pour les haricots, comme les pois chiches et lupins, et de 5 à 10 ppm pour les pois.

Le fédéral propose cette hausse malgré le fait qu’une récente étude de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) révèle qu’une «présomption forte» existe entre l’exposition professionnelle aux pesticides et six maladies, dont certains cancers et la maladie de Parkinson.

- Avec des informations de l’AFP

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