/regional/montreal/montreal

Une porte trouée de balles inquiète tout un quartier

L’assaillant a criblé de balles la porte du logement situé sur la 21e Avenue, à Montréal, endommageant aussi une fenêtre.

Photos Laurent Lavoie

L’assaillant a criblé de balles la porte du logement situé sur la 21e Avenue, à Montréal, endommageant aussi une fenêtre.

Des résidents d’un paisible secteur du quartier Saint-Michel sont maintenant terrifiés après qu’au moins sept coups de feu ont été tirés sur un logement, vendredi.  

• À lire aussi: Un mois de juillet marqué par la violence par armes à feu

• À lire aussi: Des impacts de balle retrouvés sur la porte d’une résidence

• À lire aussi: Hochelaga-Maisonneuve: il reçoit des balles comme accueil

« J’ai barré toutes mes portes et j’ai fait “Oh my god”. » Voilà comment Jacqueline Bélair a réagi en réalisant la gravité des événements qui avaient eu lieu sur sa rue dans le nord de Montréal.

« J’habite ici depuis 2002 et c’est la première fois que je vois un incident comme ça sur ma rue », fait savoir son copain, Carlos Hernandez.

Ils écoutaient la télévision lorsqu’ils ont entendu les détonations, qui ressemblaient initialement à des travaux de construction.

Non loin de leur appartement, un suspect aurait tiré des coups de feu, peu avant 19 h 30, en direction de la porte d’un logement localisé sur la 21e Avenue, à proximité de l’intersection de la rue Jarry.

Sept balles ont atteint la porte du logis situé au sous-sol du bâtiment de trois étages, a constaté Le Journal sur place.

Encore sous le choc, la locataire n’a pas pu répondre à nos questions.  

Elle a tout de même mentionné qu’au moment des faits, elle se reposait après une longue journée de travail pendant que sa fille se trouvait au salon.

Selon nos informations, la cible serait son fils, qui était absent au moment des faits. D’après nos sources, si les deux femmes n’avaient rien à se reprocher, le jeune homme tremperait dans le trafic de stupéfiants. 

La peur s’installe

Cet événement a semé l’inquiétude chez certains voisins, dont la plupart veulent taire leur nom par peur de représailles.

« On ne veut pas devenir des victimes gratuites », dit un homme vivant dans l’immeuble où ont eu lieu les coups de feu.

Craignant pour la sécurité de sa famille, il songe fortement à quitter le quartier. 

« Si je trouve [un logement] aujourd’hui, je vais sortir, demain ou le mois prochain, je m’en fous [des propriétaires] », insiste-t-il.

D’autres résidents étaient surtout inquiets que toute cette violence se soit produite à un endroit où s’amusent les jeunes.

« C’est vraiment tranquille. Les petits enfants jouent tout le temps dehors. Ma nièce aussi jouait là-bas », confie un homme habitant dans le coin depuis 15 ans.

Rien qu’en juillet, une quinzaine d’événements de la sorte ont été recensés un peu partout dans la métropole.

Il s’agit de la deuxième fois en autant de semaines que des gens apparemment sans histoire se font agresser de la sorte.

– Avec Maxime Deland, Agence QMI

Des innocents risquent de périr, selon des experts  

La montée de la violence à Montréal pourrait à nouveau faire de nouvelles victimes collatérales, craignent des experts.

« Ça peut arriver n’importe quand, n’importe où, que ce soit dans un milieu ouvert ou fermé », indique François Doré, policier retraité qui compte 33 ans d’expérience à la Sûreté du Québec.

Selon nos informations, huit suspects seraient arrivés par la ruelle longeant l’immeuble d’habitation de la 21e Avenue, mais un seul a tiré vers sa cible « pour au moins lancer un message ».

Fusillades mortelles

Des scénarios à la fin plus dramatique ont eu lieu depuis le début de l’année. 

En février, une jeune adolescente de 15 ans sans histoire, Meriem Boundaoui, est morte dans l’arrondissement Saint-Léonard après avoir été criblée de plusieurs balles.

« Malheureusement, un enfant innocent perdra la vie avec ces multiples fusillades », insiste Stéphane Wall, ex-superviseur au SPVM et spécialiste de l’usage judicieux de la force.

D’être exposé à de tels conflits ne créera pas pour autant de traumatisme chez les citoyens, mais une certaine crainte peut s’installer.

« Ça crée de l’insécurité, dit la Dre Judith Morency, spécialisée dans l’intervention auprès des victimes de stress post-traumatique. Ce sont nos croyances face au monde qui sont ébranlées. » 

Peu courant

Lancer un message en tirant plusieurs balles sur la porte d’un logement ne serait pas récurrent chez les criminels, avance Guy Ryan, ex-inspecteur au crime organisé au Service de police de la Ville de Mont-réal (SPVM). 

« J’en ai sûrement vu des choses comme ça, mais ce n’est pas monnaie courante », avance-t-il.

Il rappelle toutefois que de nombreux événements violents sont survenus ces derniers mois.

Plusieurs étapes attendent les policiers. Un examen balistique pourrait être réalisé et le service de police cherchera à recueillir des indices auprès de ses sources au sein du crime organisé.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.