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La famille de l'homme abattu à Repentigny demande des explications

Une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes a été ouverte après qu’un homme noir ait été abattu par les policiers de Repentigny dimanche, suscitant l’incrédulité de la famille et de la communauté noire de la région. 

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Marie-Mireille Bence, la mère de la victime, s’explique mal comment la situation a pu dégénérer à ce point. C’est elle qui avait fait le premier appel au 911, car elle craignait que son fils, qui vivait un épisode de déprime selon des proches, se fasse du mal. 

La victime était armée d’un petit couteau de cuisine samedi, mais sa mère ne croit toutefois pas qu’il était un véritable danger pour les policiers. 

«On lui a demandé de lâcher le couteau, il ne voulait pas. Mais finalement, il a jeté le couteau par terre, et c’est là qu’on l’a abattu. On a fait trois tirs dans son estomac», a relaté Mme Bence lors d’un point de presse organisée par la famille de la victime.  

«J’ai appelé pour de l’aide, et j’ai trouvé mon fils par terre. Je trouve que c’est absurde, car il y avait d’autres moyens pour le maitriser», croit-elle. 

Photo Catherine Bouchard

Perte de confiance      

Marie-Mireille Bence a affirmé avoir perdu confiance envers la police de la municipalité, qu’elle ne les appellerait pas de nouveau en cas de problèmes. 

«Les policiers, quand ils ont tué quelqu’un, qu’est-ce qu’ils sont? Pour moi, ils sont des criminels, surtout à Repentigny. À Repentigny, ils ne veulent pas voir des noirs», a lancé Mme Bence, visiblement émotive. 

Questionnée à savoir ce qu’elle attendait pour la suite, Mme Bence a dit tout simplement «la justice».

«Je suis en colère», a-t-elle martelé.

«Je ne voulais pas qu’il se fasse mal, donc j’appelle. Regardez avec quoi je me retrouve. Mon fils est à la morgue à l’hôpital. Vous croyez que cela me fait du bien?», a expliqué émotivement Mme Bence. 

Pas le premier incident      

Il ne s’agit pas du premier incident impliquant une personne noire et la police de Repentigny. 

Dans les dernières années, plusieurs cas de profilage racial avaient été médiatisés, mais il s’agit de la première fois qu’un incident mène à une mort. 

Le Service de police de la Ville de Repentigny a dit «comprendre que cette situation pourrait être particulièrement éprouvante pour les personnes noires qui peuvent déjà avoir beaucoup d’appréhensions envers [le] service».

«Nous savons que ces procédures sont longues et difficiles. Sachez que nous sommes de tout cœur avec la famille et les proches, ainsi que l’ensemble de notre personnel», a mentionné Helen Dion, directrice de la police de Repentigny en point de presse, lundi après-midi.

Mme Dion a par ailleurs souligner qu'il s'agissait d'un premier incident du genre à survenir sur le territoire desservi par son corps policier.

«Je suis sensible à la peine que vit de la maman et aux émotions que vivent actuellement nos policiers impliqués. Malgré toute la formation et l’expérience qu’un policier possède, croyez-moi, aucun de nous ne se lève le matin avec l’envie de dégainer une arme à feu», a-t-elle ajouté.

Pour l'heure, le corps de police s'en remet à l'enquête du BEI dans cette affaire.

«Aujourd'hui notre priorité est de nous concentrer sur les faits. Nous savons que la population a beaucoup de questions et nous en avons aussi. Il nous manque encore des informations pour pouvoir déterminer avec certitude le déroulement des événements», s'est contentée de dire Helen Dion.

Plusieurs personnes étaient venues déposer des fleurs à la résidence où s’est déroulé le drame. Des représentants de la Ligue des noirs sont aussi venus sur les lieux pour donner leur soutien aux proches de la victime. 

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