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Violent cambriolage dans une pharmacie de Montréal

Les policiers enquêtaient samedi soir après un vol de médicaments dans une pharmacie de la rue Notre-Dame à Montréal-Est.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Les policiers enquêtaient samedi soir après un vol de médicaments dans une pharmacie de la rue Notre-Dame à Montréal-Est.

Une pharmacie de l’est de Montréal a été le théâtre d’un vol empreint d’une grande violence samedi, au moment même où le Québec est frappé par une pénurie de stupéfiants qui rend certains médicaments très prisés.

« Les vols dans les pharmacies sont habituellement l’œuvre de consommateurs de drogues en crise. Ils cherchent la plupart du temps des opioïdes, comme le fentanyl, mais aussi parfois des psychostimulants et des tranquillisants », explique le pharmacien Jean-François Gagnon. 

Ce dernier a, par le passé, été victime de deux vols dans sa pharmacie : un pour des médicaments et l’autre pour de l’argent.

M. Gagnon raconte avoir froncé les sourcils en lisant les nouvelles hier, étonné par l’ampleur des événements de la veille à Montréal-Est. 

Vers 17 h 10, au moins deux individus se sont présentés dans un Familiprix et ont forcé le personnel présent à se coucher au sol.

Pas encore d’arrestation  

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

En s’emparant de médicaments et d’argent, les malfrats ont blessé une employée avec un objet tranchant, en plus de ligoter l’un de ses collègues. 

« On ne connaît pas la nature des médicaments et il n’y a pas encore eu d’arrestation dans le dossier », indique Véronique Comtois, porte-parole de la police de Montréal. 

Reste que l’événement n’est pas sans rappeler le cambriolage l’été dernier d’une pharmacie à Trois-Rivières, où avaient été dérobées d’importantes quantités d’opioïdes et de benzodiazépines, de puissants tranquillisants très recherchés dans le marché de la drogue. 

« Est-ce que les pharmacies vont devoir revoir leur système de sécurité ? Peut-être. Mais ce qui est sûr, c’est que le nombre de consommateurs ne va pas en diminuant », glisse Annie Castonguay, directrice adjointe du BRAS, un organisme communautaire de l’Outaouais. 

Cette intervenante en toxicomanie est aux premières loges de l’augmentation depuis un an du nombre de surdoses au Québec, qui serait directement reliée à la pandémie. 

En effet, la fermeture des frontières a considérablement compliqué l’approvisionnement en drogues, poussant les revendeurs à couper leurs stocks avec des opioïdes et des benzodiazépines. 

La drogue plus dangereuse 

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Même si ces substances accroissent le risque d’intoxication de manière exponentielle, plusieurs consommateurs y ont pris goût durant la pandémie et en achètent aujourd’hui consciemment. 

« Même quand les frontières vont pouvoir rouvrir, il est fort probable que ça reste et que le nombre de surdoses demeure élevé », se désole Mme Castonguay. 

Plus inquiétant encore : les benzodiazépines ne répondent pas au naloxone, le traitement prévu en cas de surdose d’opioïdes. 

« Depuis le début de la crise du fentanyl, les consommateurs se sentent protégés parce qu’ils ont avec eux leur trousse de naloxone. Sauf qu’avec les benzos, on ne peut rien faire quand ça tourne mal », alerte l’intervenante. 

À l’instar des opioïdes, les benzodiazépines, comme le Xanax et le Valium, sont facilement disponibles sur ordonnance. Pas besoin de piller une pharmacie pour y avoir accès, constate Annie Castonguay. 

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