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L’accusée de meurtre disait ne pas avoir d’armes chez elle

Une quatrième mission d’infiltration policière pour coincer un couple accusé d’avoir aidé la mafia à faire disparaître deux cadavres avait pour objectif de vérifier s’ils avaient encore en leur possession des armes à feu.

Après une semaine de pause dans le cadre du procès de Guy Dion et Marie-Josée Viau, c’est ce qu’est venu expliquer lundi au jury un agent d’infiltration (AI) de la police. Le couple est accusé de complot et des meurtres prémédités des frères Giuseppe et Vincenzo Falduto en juin 2016.

Lors de «scénarios préétablis» par la Sûreté du Québec, l’AI accompagnait un tueur à gages devenu délateur, dans l’espoir de soutirer des aveux à l’homme de 49 ans et à sa conjointe de 45 ans.

Durant les rencontres, les deux portaient des dispositifs d’enregistrement, et l’on a fait entendre les échanges au jury un à un.

Jusqu’à maintenant, les jurés ont écouté les enregistrements des trois premiers scénarios, où l’on entend notamment Viau dire qu’elle a agi en «bon soldat» et qu’elle a exécuté ce qu’on lui a demandé, soit «d’éliminer, liquider, de nettoyer». 

Écoutez la chronique juridique avec Nada Boumeftah, avocate en droit criminel et protection de la jeunesse sur QUB radio :  

Pas de «bébelles», mais une liste  

Lundi, c’était l’écoute de la quatrième rencontre, qui a eu lieu le 19 juillet 2019, au lieu de travail de l’accusée.

Les policiers voulaient en savoir plus sur de «possibles armes à feu».

«Le but était d’offrir de récupérer les armes à feu, prétextant pouvoir les revendre et séparer l’argent entre nous et elle», a expliqué l’AI, désigné sous son matricule 1203 puisqu’on ne peut révéler sa véritable identité.

Mais le sujet des armes à feu n’a été qu’effleuré durant la conversation, qui a duré environ une heure.

«Moi je n’ai plus de bébelles, là, a affirmé Marie-Josée Viau, alors enregistrée à son insu. On n’en a pas chez nous.»

«Ce sont des armes à feu. [...] Il est d’usage de ne pas utiliser le terme “arme à feu”, ça attire l’oreille», a précisé lundi l’AI 1203 au jury.

Mais Viau a indiqué sur l’enregistrement détenir le « listing de ce qu’il y avait », en faisant référence aux armes. «J’en ai pour quasiment 22 pages», a-t-elle ajouté. 

Dans le but d’augmenter sa crédibilité auprès de l’accusée, l’AI a relaté lui avoir montré une photo de lui, arme à feu à la main.

«T’es vilain de même toi?» a alors réagi Viau, en riant à la vue de la photo.

Le procès se poursuit mardi.

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