/news/world

Martine Moïse parle de l'assassinat de son mari pour la première fois

Dans une entrevue-choc sur les ondes de CNN, Martine Moïse, entourée de gardes de sécurité privés, se livre à la caméra pour la première fois depuis l'assassinat de son mari, le 7 juillet dernier. 

• À lire aussi: Arrestation du coordinateur de la sécurité du président haïtien assassiné

• À lire aussi: Haïti dit adieu, sous haute sécurité, à son président assassiné

Dans une conversation avec le journaliste Matt Rivers, Mme Moïse confirme que sa vie est toujours en danger. «Je n'étais pas censée être en vie», dit-elle. 

Terreur dans la nuit  

L'ancienne première dame d'Haïti décrit avec des détails précis ce qu’il s’est passé la nuit où son mari est mort. 

«Il était autour d’une heure du matin lorsque la fusillade a commencé», raconte-t-elle. «Ce n’était pas un petit bruit, c’était plutôt les sons d'armes automatiques.»

À ce moment-là, Mme Moise et son mari étaient cachés dans leur chambre, mais quelques minutes plus tard, la porte s’est ouverte, des fusils ont tiré, et Mme Moïse a été atteinte par une balle. 

Elle s'est retrouvée en sang, le visage au sol. Elle croit qu’une douzaine d’hommes ont surgi dans la pièce en cherchant des choses spécifiques. 

«Je les ai entendu dire ''ce n’est pas ça, ce n’est pas ça, et voilà c’est là,'' ce qui veut dire qu’ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient.» 

Mme Moïse ne sait pas ce qu’ils cherchaient, mais après que les hommes l'ait trouvé, un homme a approché son mari, à ce moment-là toujours en vie et non blessé, et a appelé quelqu'un. 

«Au téléphone, cet homme-là a décrit l’apparence de mon mari», dit-elle. «Il a dit qu’il était grand, maigre et noir. Peut-être que la personne au téléphone a confirmé au tireur que c’était bien lui, et ils l’ont tiré sur le plancher.»

Le président était mort lorsque les bandits sont partis. 

Mme Moïse pensait qu’elle était morte aussi, puisqu’elle était blessée grièvement. Elle s’est levée. 

«Dans mon cœur, je lui ai dit quelque chose que je lui disais lorsqu’il était en vie. ''Nous sommes mariés pour le meilleur et pour le pire, et même au-delà.''» 

Son côté gauche saignant et son bras droit déchiqueté par les balles, elle a éventuellement été escortée en dehors de la maison par la police. 

Martine Moïse en est venue à une conclusion rapide: la douzaine de gardes de sécurité entourant normalement la maison pour protéger le président ont soit laissé entrer les hommes armés, soit ils ont abandonné leur poste. 

«Il n’y a pas d’autre explication», dit-elle. «Vous êtes là pour protéger le président, le président est mort, et vous êtes introuvables.»

La première dame était incrédule qu'aucun garde de sécurité ne soit blessé. Martine Moïse croit que ça fait partie d’un complot beaucoup plus important. 

«Les rapaces sont toujours là»  

Aux funérailles de son mari, Mme Moïse a dit: «les rapaces sont toujours là. Ils nous regardent et rient de nous.»

«Oui ils le sont, parce que personne n’a encore été arrêté», rajoute-t-elle en réponse au journaliste Matt Rivers. 

«Les personnes qu’ils ont arrêté sont celles qui ont tiré. Elles n’auraient pas tiré sans ordres. Les gens qu’on doit arrêter sont ceux qui ont payé pour cet attentat et ceux qui ont donné les ordres.»

Le 26 juillet dernier, le coordinateur de la sécurité du président, Jean Laguel Civil, a été arrêté. Il est soupçonné d'être impliqué dans le complot meurtrier ayant abouti à la mort du président. 

Le meurtre de Jovenel Moïse était une fin inimaginable pour sa femme Martine. 

«Je n’ai jamais pensé que ce niveau de haine existait dans le pays», dit-elle. «Je ne pensais pas que ça se passerait. Oui, il avait plusieurs ennemis, mais je ne pensais pas qu’ils le détestaient au point de le tuer. »

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.