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Armes à feu: «il est passé minuit depuis longtemps», dit Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Photo Agence QMI, Joël Lemay

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Alors que Valérie Plante juge qu’il est «passé minuit depuis longtemps» pour que le fédéral agisse sur le contrôle des armes à feu, le sujet pourrait bel et bien se transformer en enjeu électoral... si les rumeurs d’élections à l’automne se confirment.

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Mercredi, la mairesse était jointe par la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbeault pour annoncer un partenariat entre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de la Sûreté du Québec (SQ) dans la lutte au trafic d’armes.

Mais pour Valérie Plante, la question des armes à feu est un «enjeu national, et il faut le traiter comme tel».

«C’est un problème à l’échelle du pays et, bien sûr, le gouvernement canadien doit s’y attaquer. Malheureusement, le projet de loi C-21 ne répond pas à nos attentes. Puis, pour être bien honnête avec vous, il n’est pas minuit moins une à ce moment-ci : il est passé minuit depuis longtemps et il faut agir», a-t-elle lancé.

Le projet de loi C-21, déposé plus tôt cette année, proposait notamment d’accorder aux municipalités le droit de légiférer sur les armes de poing, une idée qui a été vivement critiquée tant par la mairesse que par le gouvernement de François Legault. Il pourrait échouer si des élections étaient déclarées.

Le gouvernement fédéral avait été averti de la sortie publique de la mairesse, mais sa participation à l’annonce de mercredi n’a pas été sollicitée, selon une source aux faits de la situation.

Un sujet électoral?

Selon Daniel Béland, politologue à l’Université McGill et expert en politique canadienne, le «timing» du triple homicide de Rivière-des-Prairies pourrait placer les armes à feu au cœur d’une campagne d’automne.

«Si les groupes de pression actifs au Québec en parlent, en plus de Montréal et du gouvernement très populaire de François Legault, alors la pression pourrait augmenter sur Justin Trudeau pour qu’il en fasse plus», estime-t-il.

«Ça pourrait aussi mettre dans l’embarras Erin O’Toole et les conservateurs, qui aimeraient faire quelques gains au Québec, mais la question des armes à feu les places dans une position plus difficile, [car] ce n’est pas un enjeu où ils sont au diapason avec la majorité des Québécois», a-t-il ajouté.

Le Bloc québécois, de son côté, pourrait se saisir des divisions régionales pour mettre en contraste les différences entre le Québec et les provinces de l’Ouest et surfer sur la popularité de François Legault si celui-ci critique ouvertement Justin Trudeau, juge M. Béland.

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