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Hausse marquée des signalements à la DPJ : «c’est ce qui nous fait craindre de revivre Granby»

Depuis le début du déconfinement, une hausse des signalements à la DPJ est remarquée au Québec. 

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«Moi en 15 ans de pratique, la liste d’attente actuelle c’est du jamais vu. J’avais eu 200-225, mais c’est la première fois que ça monte aussi haut», mentionne Patrick Beauregard, représentant syndical des travailleurs du CIUSSS Centre-Sud.

Cette liste d’attente qui grandit de plus en plus depuis les dernières semaines pourrait continuer de s’aggraver puisqu’historiquement l’été n’est pas le moment de l’année où l’on rapporte le plus de signalements.

«Les problèmes vécus par les familles sont de plus en plus lourds et importants. Donc c’est sûr que les dossiers qu’on reçoit, les familles qu’on doit aller aider, c’est plus difficile, en plus de la quantité qu’on reçoit. En ce moment on est à la fin juillet-début août et historiquement dès que le mois de septembre arrive les signalements augmentent», explique le représentant syndical.

La pandémie a compliqué la situation dans les traitements des demandes à la DPJ parce que les interventions deviennent plus complexes et souvent plus tardives. Les nombreux épisodes de confinement et de déconfinement ont limité les contacts des intervenants de la DPJ avec des acteurs du milieu scolaire. Rappelons que la DPJ travaille de près avec les enseignants qui sont souvent aux premières lignes avec les enfants et peuvent remarquer des changements de comportements ou des blessures.

«La pandémie n’a pas servi personne, il y a eu beaucoup de problèmes au niveau de la santé mentale liée au confinement. Dans la première vague, on a vu une baisse notable de signalement qui était très inquiétante parce que les écoles et les garderies étaient fermées donc les personnes qui assuraient un filet de sécurité auprès de nos enfants n’étaient pas en mesure de nous avertir quand il avait de quoi qui se passait de pas bien», souligne Patrick Beauregard.

La DPJ a besoin d’intervenants   

La pénurie de main-d’œuvre touche également les intervenants dans les centres de protection de l'enfance et de la jeunesse. 

«On a plus de difficulté en a traiter parce qu’il manque de personnels, donc on a de la difficulté à attirer des intervenantes et on a de la difficulté à les garder aussi», mentionne le représentant syndical des travailleurs du CIUSSS Centre-Sud.

Selon Patrick Beauregard qui était de passage à LCN mercredi, les équipes sont en mesure de traiter les demandes d’urgences, mais les autres s’ajoutent à la liste d’attente et 

«Il ne faut pas oublier que les codes 3 (les cas qui nécessitent une intervention dans les trois prochains jours) s’ils ne sont pas traités s’ils ne sont pas pris en charge peuvent parfois devenir plus urgents et ça on ne le sait pas quand ils sont sur la liste d’attente (...) C’est ce qui nous fait craindre de revivre Granby, de revivre le drame qui est survenu au Saguenay aussi, c’est déjà arrivé des drames comme ça et on ne veut pas que ça survienne à nouveau», explique Patrick Beauregard

Le syndicat souhaite que le gouvernement les consulte davantage lors de la prise de décision puisqu’ils sont directement sur le terrain à constater les conséquences.

«Mes collègues ce sont des personnes dévouées qui veulent, mais c’est sur qu’il y a une limite dans ce que nous sommes capables de prendre. On travaille avec des dossiers difficiles et la pénurie se fait ressentir parce qu’à salaire égal on peut aller travailler au CLSC dans un contexte qui est volontaire donc c’est sur que de plus en plus de gens de la DPJ vont travailler ailleurs dans des contextes qui sont plus faciles», dit Patrick Beauregard, représentant syndical des travailleurs du CIUSSS Centre-Sud.

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