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Des groupes rivaux se menacent sur le web

Une fusillade a fait trois morts et deux blessés lundi, dont le rappeur Mackazoe (en médaillon).

Capture d'écran TVA Nouvelles et photo tirée de Instagram

Une fusillade a fait trois morts et deux blessés lundi, dont le rappeur Mackazoe (en médaillon).

Après la fusillade à Rivière-des-Prairies qui a coûté la vie à trois hommes, dont un rappeur montréalais lié à un gang de rue, le conflit entre ces groupes criminels s’envenime et certains lancent des menaces de vengeance sur les réseaux sociaux.

« Nous les aurons, mon frère. Repose en paix », peut-on lire en anglais sous la dernière photo que le rappeur Mackazoe, 29 ans, avait publiée sur l’application Instagram.

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Des menaces de vengeance circulaient déjà mercredi sur les réseaux sociaux (commentaire du haut) tandis que certains se réjouissaient du décès du rappeur (commentaire du bas).

Photos tirées de Instagram

Des menaces de vengeance circulaient déjà mercredi sur les réseaux sociaux (commentaire du haut) tandis que certains se réjouissaient du décès du rappeur (commentaire du bas).

Jerry Willer Jean-Baptiste, de son vrai nom, a perdu la vie lundi lors de la fusillade qui a éclaté devant un immeuble de Rivière-des-Prairies.

Jefferson Syla, 29 ans, et Molière Dantes, 63 ans, sont également décédés tandis que deux autres hommes de 25 et 45 ans ont été blessés dans ce funeste événement qui a troublé les citoyens du quartier résidentiel.

« [L’heure de la revanche] va être salope », a commenté une personne sous une autre publication rapportant la mort du rappeur montréalais. Ce dernier s’affichait ouvertement avec le gang de rue Profit Boy$.

Un compte des morts  

Certains vont jusqu’à féliciter leur allégeance d’avoir éliminé « le gang à Mackazoe ». D’autres tiennent même un score, à la manière d’un match sportif, du nombre de décès entre les Profit Boy$, de Rivière-des-Prairies, opposés au gang Zone 43, de Montréal-Nord.

Entrevue avec Maria Mourani, criminologue et auteur du livre La Face cachée des gangs de rue
 

Un conflit persiste entre ces deux gangs, selon un rapport confidentiel du Service du renseignement criminel du Québec, obtenu par notre Bureau d’enquête.

Et les réseaux sociaux sont devenus un nouveau terrain d’affrontement pour les groupes criminalisés, selon André Gélinas, retraité de la police de Montréal.

« Ils vont s’intimider, se narguer et publier des photos provocatrices en affichant leurs couleurs – très importantes pour eux. Sous une photo d’un des leurs décédé, ils vont appeler à la vengeance et au respect », a-t-il cité en exemples.

« Certains gars de gangs qui font du rap utilisent leur vidéoclip ou leur message pour intimider et provoquer », a ajouté René-André Brisebois, intervenant et chercheur à l’Institut Jeunes en difficulté.

Les réseaux sociaux n’ont pas créé les tensions qui existent entre différents gangs de rue, mais ils peuvent facilement les accélérer, selon le criminologue.

Des mots à l’action  

« [Les menaces en ligne] n’augurent pas bien, car la provocation va se transporter dans la rue. Ça va passer des mots aux actions », a averti M. Gélinas.

Les experts s’entendent pour dire qu’une riposte à la fusillade de lundi est inévitable, car il s’agit du modus operandi des groupes criminels. « Le reste de l’été va être chaud à Montréal. Il faut que la pression et la présence policière sur le terrain soient étouffantes pour les gangs de rue », a insisté à son tour la criminologue Maria Mourani.

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